The house of silence 

 » On the way there is all I need, when I need it ».  

 
This morning, I wake up feeling tired. Despite the short walking day yesterday, the evening has been tiring: the Albergue was full, the kitchen very small and the people rather noisy. I even decline the invitation of my companions for breakfast: the TV background noise irritates me. Instead I prefer to have my breakfast in the peaceful dinning room, sitting by myself. Today, it is decided I walk alone! 

Once on the way, my mood improves considerably. Today the wind is blowing strongly, it is chasing the rain from the day before and above all drying the muddy soil. In my head the ideas of articles are flourishing and I can’t wait to reach the next village, stop in a coffee and write.

At the entrance of Castrojeriz, I meet Finja with who I walked yesterday. We enter the village together, while sharing our impressions of the last evening and our plans for the day. After few meters, a house catches my attention. On the door it is written « House of silence, for pilgrims. Open ». I show it to Finja and share my intention to enter. We say good bye to each other and I open the door.
I enter, close the door behind me and a sentence I am saying and sharing often since I started to walk comes to my mind:  » On the way there is all I need, when I need it ». Today again this sentence proves to be true.  
The place I entered is magical: inside the first room there is a picture exhibition with an inspirational quotes or a philosophical sentences under each of them. I carry on my visit and discover a kitchen, facing a living room and a conservatory with a wood burner. The house is decorated with taste, everything is in monastic simplicity and evokes a sense of journeys to fare away lands. The background music is relaxing and invites to contemplate and meditate. There are little places to sit, in every corners. It feels good to be there and I can see by the window  a nice garden with the floor covered by autumn leaves.    
I go through the rest of the house more quickly. A nice staircase covered with floor-tile leads to the first floor. A well of light brings some natural light inside. It is painted in yellow and I can see some bird shadows soaring up to the sky. Upstairs, there is a little chapel, very simple: a cross on the wall, a carpet and a cushion to sit on it. Opposite to it, a meditation room with Spanish texts written by hand in colourful sheets of paper left to the eyes of the visitor on the little carpet. In between theses 2 rooms, the bathroom in which big bouquets of rosmary and lavender are drying. I give a glance to the last room: a multilingual library with great books, chosen with taste.   

  

I go back downstairs, it is decided I am spending the rest of the morning here! I remove my shoes, my rain trousers and jacket. And I adventure again in this quiet and comfortable space. This time, I take my time to decide where to sit.  
On the table of the first living room there is a table with tea, biscuits and dark chocolate on it. On a little piece of paper it says « Help yourself ». The cups are in Chinese porcelain and I even find a Genmaïcha tea bag, one of my favourite with green tea and roasted rice. I help myself, take out my phone and sit comfortably in the conservatory to write. 

  
Half an hour later an Asian girl entre from the garden and joins to sit right in opposite to me. We sight to greet each other. She observes me during few minutes, and to my surprise breaks the silence to tell me that the phones are strictly forbidden in that house. And that the creator of this place is positive: he doesn’t want to see it. Stopped in my momentum, I leave my writing project to later.

I stand up to clean my cup, I climb upstairs and try to read a bit in the library. Then, I make an attempt of meditation in the chapel. I hear the wind blowing outside, I feel my energy bubbling inside me and my mind getting agitated. It is the call of the camino! It is time to leave the silence to return in the autumn wind. I can’t wait to share my discovery with my travel companions !

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La maison du silence

« Sur le chemin il y a tout ce dont j’ai besoin, au moment où j’en ai besoin. »

  
Ce matin, je me réveille fatiguée. Malgré la petite journée d’hier, la soirée à été bien fatigante: L’auberge était pleine à craquer, la cuisine toute petite et les gens plutôt bruyants. Voilà que je décline même l’invitation de mes compagnons de marche à joindre leur table pour le petit déjeuner: la télé en bruit de fond m’agace! À la place je préfère prendre un petit déjeuner paisible, assise seule à une table de l’arrière salle. C’est décidé aujourd’hui je marche seule!
Une fois sur le chemin, mon humeur s’améliore. Aujourd’hui le vent souffle fort, il chasse la pluie de la veille et surtout il sèche le chemin boueux. Dans ma tête les idées d’articles fusent et j’ai hâte d’arriver au prochain village, de m’arrêter dans un café et d’écrire. 

  
À l’entrée de Castrojeriz, je retrouve Finja avec qui j’ai marché la veille. On entre ensemble dans le village en échangeant nos impressions sur la soirée de la veille et nos plans pour la journée. Après quelques mètres mon attention est attirée par une maison. Sur la porte il est écrit « Maison du silence, pour pèlerins. Ouverte ». Je montre le panneau à Finja et je lui fait part de mon envi d’y entrer. On se dit à plus tard et j’ouvre la porte. 
J’entre, referme la porte derrière moi et alors une phrase que j’ai dit souvent depuis le début de mon chemin me revient  » Sur le chemin il y a tout ce dont j’ai besoin, au moment où j’en ai besoin ». Aujourd’hui encore cette phrase se révèle vraie.
 Le lieu dans lequel je viens d’entrer est magique: la première salle est une salle d’exposition de photo, en dessous de chacune d’elles il y a une phrase philosophique ou une citation . Je m’avance et découvre une cuisine, en face un salon et un salon-véranda lumineux avec un poêle. Tout est décoré avec goût, d’un simplicité monastique et évoquant des voyages lointains. La musique de fond apaise et invite au recueillement et à la méditation. Il y a pleins de petits recoins pour s’assoir. Il fait bon dans cette maison. Et j’aperçois aussi par la fenêtre un joli jardin jonché des feuilles d’automne. 
Une envie pressante me prends et le pousse à parcourir rapidement le reste de la maison. Un bel escalier couvert de tomettes mène à l’étage. Un puit de lumière naturelle l’éclaire, il est peint en jaune et on y voit des ombres d’oiseaux qui s’élancent vers le ciel. À l’étage se trouve une petite chapelle toute simple: une croix sur le mur, un tapis et un coussin pour s’assoir. En face, c’est une salle de méditation avec des textes en espagnol écrits à la main sur des feuilles colorées posées à même le tapis. Entre les deux, les toilettes dans lesquels sèchent des bouquets de lavande et de thym. Je jète un rapide coup d’œil à la dernière pièce une bibliothèque internationale avec de beaux livres, bien choisis. 

  

Je redescends en bas, c’est décidé je vais passer ma matinée ici! J’ôte mes chaussures dans l’entrée, retire mon Kway et mon pantalon de pluie. Et je m’aventure à nouveau dans cet espace confortable et calme. Cette fois-ci je prend mon temps pour décider où est ce que je vais m’installer. 
 Sur la table du premier salon il y a du thé sur la table avec du chocolat noir et des biscuits. Sur un petit carton il est écrit « servez-vous ». Les tasses sont en porcelaine de Chine, et je trouve même un sachet de thé Genmaïcha, un de mes thé préfères au thé vert et aux grains de riz soufflés. Je me sers une tasse, me saisi de mon téléphone et m’installe confortablement dans la véranda pour écrire. 

      
Après une demi-heure, une jeune fille Asiatique rentre du jardin et vient s’installer juste en face de moi. Nous échangeons un bonjour de la tête. Elle m’observe pendant quelques minutes, puis à ma grande surprise rompe le silence pour me dire que les téléphones sont strictement interdits dans cette demeure. Et que le créateur de ces lieux est formel: il ne veut pas les voir. Cassée dans mon élan, je remets mon projet d’écriture à plus tard. 
Je me lève pour laver ma tasse, je monte à l’étage et essaie de lire un peu dans la bibliothèque. Puis je tente de méditer dans la chapelle. J’entends le vent qui souffle dehors, je sens mon énergie qui bouillonne en moi et mon esprit qui s’agite. C’est l’appel du chemin! Il est temps de quitter le silence pour repartir dans le vent d’automne. J’ai hâte de raconter ce beau moment à mes compagnons de route! 

The Young-woman-with-fire-in-her-hair and the Tall-man-with-bright-eyes

  The 40th day, the Young-woman-with-fire-in-her-hair met a the Tall-man-with-bright-eyes. 
The Tall-man-with-bright-eyes wanted to cook for her and other pilgrims, so she offered to help with the food shopping . As they were walking in the old town through the empty streets, the Young-woman-with-fire-in-her-hair asked:

-« So, Tall-man-with-bright-eyes. Are you enjoying the way?

-No, I hate it ! 

-Why do you hate it?

-It is the travel you see, I hate travelling.

-What exactly is bothering you?

-I don’t like the walking part and there are so many people in the dormitory, I can’t sleep properly. The only part I enjoy is cooking for others and sharing the meal in the evening.

-And why are you doing the camino ?

-For the challenge, to get out my comfort zone. »

The Young-woman-with-fire-in-her-hair was very surprised. It was the first time since she started the camino that she was meeting someone who doesn’t enjoy the experience. That evening she told me: « You see, even when I went to the shop with him I had the feeling he wanted to be on his own. And again in the kitchen. He looked stressed by the noise and the crowd. But why is he doing the camino if he hates walking ? This seems so strange to me! » I didn’t have the answer to her question, so I remained in silence.

  
On the 41st day the Young-woman-with-fire-in-her-hair started to walk as the sun was rising. She noticed the Tall-man-with-bright-eyes walking ahead of her. She didn’t try to catch up with him. She knows how special is this time of the day. Instead, she did a detour, went up the hill and once in the middle of the vineyard she stopped to contemplate the first lights of the day. She filled herself with all this light and all the colours of the sky and the sun, and then, she went on. 

An hour later, the Young-woman-with-fire-in-her-hair reached a new village. Despite all the sun energy she absorbed, her hands were frizzing and she decided to stop in the first bar on her way. She entered and ordered a big cup of tea. The Tall-man-with-bright-eyes was sitting there, enjoying his coffe. He smiled at her, and she decided to join him. As she was sitting down opposite to him, the tall-man-with-bright-eyes started the conversation:

-« Good morning, this sunrise was beautiful isn’t it? 

-Good morning! Yes, it was! Also, it is frizzing this morning. 

-Tell me Young-woman-with-fire-in-her-hair, why did you start your way from so far away? Why walking for so long? 

-You see, to me this journey is a process. There is so many things I need to learn, and to experience. I need time for it. The Young-woman-with-fire-in-her-hair smiled. I started from so far away, because it was closed to my grand ma house and it was meaningful to me to start there. And when I decided to go to Santiago I had theses objectives: I wanted to meet and share with people, I wanted to get inspired and learn. And walking everyday is great for me, I love hiking and being in the nature. 

The Tall-man-with-bright-eyes smiled back. 

-You express very well yourself when it comes to talk about how you feel and what you want. 

-Thank you, I am learning because I realised it is so important in life.  »

Other pilgrims were arriving and greeting the young woman and the tall man. A Smart-Asian-boy left his bag next to the Tall-man-with-bright-eyes, who reached for his wallet. He took out few coins and discretely slipped it into the boy’s bag.

-« You are very generous, said the Young-woman-with-fire-in-her-hair. I admire your generosity, I know how important it is, but I find difficult to be generous with my money.

-I have too much of it, I prefer to give it and it will make him happy because he will feel lucky and will probably want to share his luck with someone else. 

-Yes that is true, I know it is a positive circle and still I know I need to learn more about generosity. 

-Before I left for the camino, I emptied my house, I gave away lot of things. I had so much stuff I didn’t need! I also had too much projects, so I narrowed down to 3 projects and I can’t start a new one before finishing theses ones.

-What are your projects about? » asked the Young-woman-with-fire-in-the-hair

And the Tall-man-with-bright-eyes started to talk about his projects. He looked now totally relaxed and happy. He was smiling, and he was doing gestures with his hands. The Young-woman-with-fire-in-the-hair could see and feel his passion for working with his hands. 

The conversation went on as they went out the bar. They walked for an hour and the Young-woman-with-fire-in-the-hair asked again:

-« Why do you hate being here? 

-I hate it because of the journey, because I don’t enjoy walking on this track and because I can’t really sleep at night. And if I decide to stay one day in one place to get some rest, then I know I will loose track with all my new friends. This is difficult. 

-Yes, it is true. That is difficult for me too. Also, it is part of the camino: we don’t choose who we meet and who we walk with, it just happens. And you can always ask for the contact details of your new friends. »

The silence was the first answer of the Tall-man-with-bright-eyes. But after a while he said « Also, I don’t have so many friends here… » . The Young-woman-with-fire-in-her-hair didn’t understand what he really meant and continued walking. Few minutes later, the Tall-man-with-bright-eyes stopped and said to the young woman that he was taking a break and she should continue walking. 

That evening the Young-woman-with-fire-in-her-hair and the Tall-man-with-bright-eyes stayed at the same place. It was spacious, new, comfortable, with a great kitchen but the Tall-man-with-bright-eyes looked so tired and tensed that the Young-woman-with-her-hair didn’t try to talked to him. 

  
The morning if the 42nd day she left very early and she walked a long distance. She arrived to the next destination early and had some time on her own before the other pilgrims arrived. When they came, she made some tea for them and they all sat in the garden. The Friendly-girl-with-short-hair asked the Young-woman-with-fire-in-her-hair:

-« Do you know the Tall-man-with-bright-eyes?

-Yes, I do. I walked a bit with him yesterday.

-He left the camino today. I don’t really know why but I know he couldn’t sleep well and looked tired.

-Really? So he left… »

The Young-woman-with-fire-in-her-hair was surprised but also happy for him. That evening she wrote him a note:
« Hello Tall-man-with-bright-eyes, I heard from Friendly-girl-with-short-hair that you decided to leave the camino. I was a bit sad to realise there won’t be any other nice conversation as the one we had at the café, also I was mainly happy for you. Life is too short to inflict Hello Tall-man-with-bright-eyes, I heard from Friendly-girl-with-short-hair that you decided to leave the camino. I was a bit sad to realise there won’t be any other nice conversation as the one we had at the café, also I was mainly happy for you. Life is too short to inflict ourself to do things we hate doing. So congratulation on your decision!

I could have told you the other day at the bar and I want to write it now: since I am on the camino I realised that my biggest challenge in life is to be really kind and truly happy with myself. So I can let my happiness shine for others and experience and share more Love. This is what I am now learning to do on my way. 
Life is a camino, therefore I wish you buen buen camino Tall-man-with-bright-eyes!


Young-woman-with-fire-in-her-hair « 



That evening, the Young-woman-with-fire-in-her-hair sat outside to look at the stars. And I spent a long time contemplating the fire of joy burning in her hair. 

  

La Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu et le Grand-homme-aux-yeux-clairs

        
Le quarantième jour la Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu rencontra sur le chemin le Grand-homme-aux-yeux-clairs. 
Le Grand-homme-aux-yeux-clairs voulait cuisiner le dîner pour elle et les autres pèlerins. Elle proposa donc de l’aider à faire les courses. Alors qu’ils marchaient dans les rues désertes de la vieille ville la Jeune-Femme-aux-cheveux-de-feu demanda:

-« Alors Grand-homme-aux-yeux-clairs, comment se passe ton chemin ? Est ce que tu apprécies?  

-Non, je déteste ça! 

-Pourquoi détestes-tu le chemin? 

-C’est le voyage, vois-tu. Je déteste voyager. 

-Mais qu’est ce qui te dérange exactement ?

-Je n’apprécie pas la marche et il y a tant de gens que dans le dortoir que je ne peux pas trouver le sommeil le soir. La seule chose qui me plait c’est de cuisiner pour les autres et partager le dîner avec eux autours de la table. 

-Mais alors, pourquoi fais-tu le camino? 

-Pour le challenge, pour sortir de ma zone de confort. »

La Jeune-Femme-aux-cheveux-de-feu était très surprise. C’était la première fois depuis qu’elle avait commencé son chemin qu’elle rencontrait quelqu’un qui n’appréciait pas l’expérience. Le soir elle me confia « Tu vois, même lorsque je marchais avec lui en direction du magasin, il me donnait l’impression de vouloir être seul, et aussi dans la cuisine. Il avait l’air stressé par le bruit et les gens. Mais pourquoi fait-il le camino si il déteste marcher? Cela me semble tellement étrange. » Je n’avais pas la réponse à sa question alors je restais en silence. 

  
Le 41eme jour, le Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu commença à marcher au point du jour. Elle remarqua le Grand-homme-aux-yeux-clairs devant elle. Elle n’essaya pas de le rattraper, elle sait à quel point ce moment de la journée est spécial . À la place, elle fit un détour, monta en haut de la colline et une fois du milieu des vignes elle s’arrêta pour contempler les premières lueurs du jour. Elle se remplie de toutes les lumières et couleurs du ciel et du soleil, puis elle continua sa route.

Une heure plus tard, la Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu arriva au village suivant. Malgré toute l’énergie du soleil absorbée, ses mains étaient gelées. Elle décida donc de s’arrêter dans le premier bar venu. Elle entra et commanda une grande tasse de thé. Le Grand-homme-aux-yeux-clairs était assis à une table, savourant son café chaud. Il lui sourit, et elle décida de se joindre à lui. Alors qu’elle s’asseyait en face de lui, le Grand-homme-aux-yeux-clairs engagea la conversation:

-« Bonjour, ce levé de soleil était très beau n’est ce pas? 

-Bonjour! Oui c’était magnifique! Aussi il fait très froid ce matin.

-Dis moi Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu, pourquoi as-tu commencé le chemin si loin? Pourquoi marcher si longtemps? 

-Pour moi ce voyage est un apprentissage. Il y a tellement de choses que j’ai besoin d’apprendre ou d’essayer. Il faut s’autoriser du temps pour ça. La Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu souri. J’ai commencé le chemin de si loin car c’était proche de la maison de ma grand-mère et cela a beaucoup de sens pour moi. Et puis j’ai décidé d’aller à Santiago avec les objectifs suivants: je voulais rencontrer et partager avec les gens, je voulais trouver de l’inspiration et apprendre. Et puis, marcher tous les jours est une bonne activité pour moi, j’adore randonner et être dans la nature. 

Le Grand-Homme-aux-yeux-clairs lui rendu son sourire. 

-Tu exprime très bien ce que tu ressens et ce que tu veux . 

-Merci, j’apprends car j’ai réalisé sur c’était si important dans la vie. »

D’autres pèlerins commençaient à arriver et saluaient la jeune femme et le grand homme. Un Intelligent-garçon-asiatique posa son sac à côté du Grand-homme-aux-yeux-clairs, celui-ci sorti son portefeuille, y prit quelques pièces de monnaie et les glissa discrètement dans le sac du garçon. 

-« Tu es très généreux, dit la Jeune-Femme-aux-cheveux-de-feu. J’admire ta générosité, je sais que c’est important mais je trouve difficile d’être généreuse avec mon argent. 

-J’en ai bien trop, je préfère je donner. Quand le garçon trouvera ces pièces il se sentira heureux, il pensera qu’il a de la chance et alors peut être il voudra partager sa chance avec quelqu’un d’autre. 

-Oui c’est ça, c’est un cercle vertueux et je sais que j’ai besoin d’apprendre plus à propos de la générosité. 

-Avant que je parte pour le chemin de Compostelle, j’ai vidé ma maison, j’ai donné beaucoup de choses. J’avais beaucoup trop d’objets dont je n’avais pas réellement besoin! J’avais trop de projets aussi, alors j’en ai sélectionné trois et je ne m’autoriserai à en commencer un autre que lorsque l’un des trois sera terminé. 

-Quels sont tes projets?  » demanda la Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu.

Et le Grand-homme-aux-yeux-clairs commença à expliquer ses projets. Il semblait à présent totalement détendu et heureux. Il souriait et ses mains mimaient ses paroles. La Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu pouvait voir et sentir la passion qu’il avait pour le travail manuel.  

Ils poursuivirent leur conversation tout en sortant du bar. Ils marchèrent ensemble pendant une heure et la Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu demanda encore: 
« -Pourquoi est ce que tu détestes être ici ?

-Je déteste être sur le chemin à cause du voyage, je n’aime pas marcher sur ce chemin et je ne peux pas vraiment dormir la nuit. Et puis, si je décide de rester une journée au même endroit pour me reposer, alors je vais perdre la trace de tous mes nouveau amis. C’est difficile. 

-C’est certain. Pour moi aussi c’est difficile d’accepter de laisser partir devant ou de laisser derrière mes nouveaux amis. Mais cela fait parti du chemin: on ne choisi pas les gens que l’on rencontre et ceux avec qui l’on marche, c’est comme ça. Et puis, tu peux toujours demander les adresses de tes amis.  »

Le silence fut la première réponse du Grand-homme-aux-yeux-clairs. Puis après un certain temps il dit « En fait, je n’ai pas tant d’amis ici… ». La Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu ne compris pas vraiment ce que cette phrase signifiait et continua de marcher. Quelques minutes plus tard, le Grand-homme-aux-yeux-clairs s’arrêta, il dit à la jeune femme qu’il avait envi de faire une pause et qu’elle pouvait continuer à marcher.

Ce soir là, la Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu et le Grand-homme-aux-yeux-clairs était dans la même Auberge. C’était un gîte tout neuf, grand, confortable avec une belle cuisine équipée mais le Grand-homme-aux-yeux-clairs semblait si fatigué et tendu que la Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu n’essaya pas d’engager la conversation. 

  
Le matin du quarante-deuxième jour, elle s’en alla très tôt et marcha longtemps. Elle parvint à destination assez tôt et pris du temps pour se reposer avant l’arrivée des autres pèlerins. Lorsqu’ils commencèrent à arriver, elle prépara du thé et ils installèrent dans le jardin. La Fille-sympa-aux-cheveux-courts demanda à la Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu:

-« Est-ce-que tu connais le Grand-homme-aux-yeux-clairs? 

-Oui, je le connais. J’ai marché avec lui hier. 

-Il a quitté le chemin aujourd’hui. Je ne sais pas vraiment pourquoi mais une chose est sûre il ne pouvait pas bien dormir et il avait l’air fatigué.

-Vraiment? Alors il est parti… »

La Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu était surprise et aussi heureuse pour lui. Elle lui écrivit une note:

« Salut Grand-homme-aux-yeux-clairs, j’ai appris par la Fille-sympa-aux-cheveux-courts que tu avais décidé de quitter le chemin. J’étais un peu triste de réaliser qu’il n’y aurait pas d’autre belle conversation comme celle du café, mais avant tout je suis très heureuse pour toi. La vie est trop courte pour s’infliger de faire des choses que nous détestons faire. Félicitation pour ta décision!  

Tu sais au café j’aurai pu te raconter ceci: depuis que je suis sur le chemin, j’ai réalisé que mon plus grand défi dans ma vie c’est d’être vraiment bienveillante et heureuse avec moi-même. De façon à pouvoir faire rayonner mon bonheur et vivre et partager plus d’Amour avec les gens autour de moi. C’est ce que j’apprends maintenant à faire sur le chemin. 

La vie est un chemin alors je te souhaite un buen, buen camino Grand-homme-aux-yeux-clairs.

La Jeune-Femme-aux-cheveux-de-feu « 



Ce soir là, la Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu s’assit dehors et regarda les étoiles dans le ciel. Et moi, je contemplais longtemps le feu de joie qui brûlait dans ses cheveux. 
  

Gratitude

There are places and key moments for each of us on the way. Personally, the halt in the small village of Zabaltica will remain in my memory.

  

I decided to stop there because I knew I would find there a donativo. A donativo is a non profitable pilgrim hostel which is based on volounteer work and donations from pilgrims.  

I arrived there after a day walking through amazing autumn landscapes, the weather was nice and warm. The donativo is sitting on the top of Zabaltica village, in a nice and bright house next to the church.

I am welcomed with my two hiking companions by a tall Irish man: Michael. He explains us that he is volunteer host with his wife Kathleen in this house for 2 weeks. The house can host 19 pilgrims, it belongs to the Catholic Church and there is a small community of 4 sisters who live there.  
Mickeal offers us to leave our bags in the dormitory, to get a shower and invite us to rest a bit or to go to the mass before diner. He also tell us that there is a time of sharing experiences with the sisters and the pilgrims after diner.

  
The place is beautiful and peaceful. After my shower I go down to the garden, some delicious smells of food are escaping from the kitchen where Kathleen is working. I seat for a while on the grass facing the view. I can see Pamplona in the horizon and I suddenly and surprisingly feel like crying. It is an indescribable mixed feeling of tiredness and joy which are inhabiting me at this moment. I think again of a text I received few minutes ago from a friend who is telling me how lucky I am to be walking through Spain, and right at this moment I can fully realise it. I feel blessed and immensely grateful for all the kilometres already walked, this great day, the encounters and the lessons learned on the way; and above all for having the time and the possibility to choose where and when I will end my travel: Santiago? Finisterre?  

  
The diner is delicious, we are many around the table. Then, comes time to share our experiences, whatever our belief and religions we are welcomed in the church by sister Marie Ascu. She speaks Spanish, English as well as French and Swedish. She leads this time which is all about gratitude. The exchange is rich and beautiful, each person explains a bit why she/he is on the way and what she/he is grateful for. We speak about the Autumn of life, about going away from the life motorway to find our own path and about Love. Then, the sisters and the Irish host give us them benediction, it feel great to hear theses people wishing for us to find what we came for! Finally, it is Michael who is closing this time by a song in Gaelic. His strong voice resonate in the church, the pilgrims are sitting comfortably on the pillows. I can see stars in their eyes and a smile on their faces. Here in Zabaldica they experienced a time in the true spirit of the camino. And me, I realised I already found a bit of what I came for. 

T-H-A-N-K    Y-O-U

Gratitude

Il y a des lieux et des moments clés pour chacun sur le chemin. Pour moi, la halte d’il y a quelques jours dans le petit village de Zabaltica restera gravé dans ma mémoire.


J’avais décidé de m’arrêter là car je savais que j’y trouverais un donativo. Un donativo est un lieu d’accueil qui repose sur le bénévolat et la participation libre des pèlerins en fonction de leurs moyens.
J’arrivais là bas après une bonne journée de marche à travers de magnifiques paysages d’automne, il faisait beau et chaud. Le donativo se trouve au sommet du village de Zabaldica, dans une belle maison lumineuse qui jouxte l’Eglise. J’y suis accueillie avec mes deux compagnons de marche par une grand monsieur Irelandais: Mickeal. Il nous explique qu’il est hospitalier volontaire dans cette maison avec sa femme Kateleen pour deux semaines. La maison peut accueillir jusqu’à 19 pèlerins, elle appartient à l’Eglise catholique et une petite communauté de 4 sœurs du Sacré Cœur vivent là.


Mickeal nous propose de nous installer, de nous doucher puis nous invite à nous reposer ou aller à la messe avant le souper. Il annonce aussi un temps de partage avec les sœurs et les autres pèlerins après le dîner.
L’endroit est magnifique et paisible, après ma douche je descends vers le jardin, des odeurs délicieuses de nourriture s’échappent de la cuisine oú Kateleen s’affaire . Je m’assieds quelques instants sur la pelouse,face à la vue. J’aperçois Pampelune au loin et je me sens envahie d’une surprenante envie de pleurer. C’est un mélange indescriptible de fatigue et de joie qui m’habitent à cet instant. Je repense à un texto reçu quelques minutes auparavant d’un ami qui me dit toute la chance que j’ai d’être en train de traverser l’Espagne, et à cet instant précis je la mesure pleinement. Je ressens une immense gratitude m’envahir pour tous les kilomètres déjà parcourus, cette belle journée, les rencontres et les leçons du chemin; et surtout le fait d’avoir je temps et de pouvoir choisir où et quand je terminerai mon voyage: Santiago? Finistère?


Le dîner est délicieux, nous sommes nombreux autours de la table et nous nous régalons. Puis vient le temps de partage, quelques soient nos croyances et religions nous sommes accueillis dans l’Eglise par la sœur Marie Ascu. qui parle aussi bien le Français que Suédois. Elle mènera ce temps où justement il est question de gratitude. L’échange et riche et beau, chaque personne explique un peu ce qui l’amène sur le chemin et ce qui lui fait ressentir de la gratitude. On y parle de l’Automne de la vie, de sortir de l’autoroute de la vie pour trouver son propre chemin et d’Amour. Puis les sœurs et les Irlandais disent pour nous une bénédiction, c’est bon d’entendre ces gens nous souhaiter de trouver ce que l’on cherche! Finalement, c’est Mickael qui nous propose de clore ce temps spirituel par un chant en gaélique. Sa voix grave raisonne dans l’église, les pèlerins bien installés dans les couvertures ont des étoiles qui brillent dans les yeux et le sourire aux lèvres. Ici, à Zabaldica, ils ont vécu un temps hors du temps dans l’esprit du chemin. Et moi, j’ai réalisé que j’ai déjà trouvé un peu de ce que j’étais venu cherché.

M-E-R-C-I

Douce France! 

À la veille de franchir les Pyrénées et de continuer mon chemin en Espagne il me tient à cœur de faire vous partager ces petites pensées de grande voyageuse. 
Depuis les montagnes du Puy à L’Aubrac; jusqu’à Conques et bien au-delà : Figeac, la vallée du Célè, la magnifique arrivée sur Cahors, les villages du lot et du Gers jusqu’au Pays-Basque français je n’ai cessé de m’émerveiller. Que la France est belle! Notre campagne, nos montagnes, nos vignes, nos vaches, nos potagers, nos figuiers, nos vieilles pierres pleines d’histoire…marcher à travers tout cela est, pour moi, une façon fabuleuse de me revenir dans le pays de mon enfance. 

 
    
  
Je me suis régalée au sens propre comme au sens figuré. J’ai redécouvert et découvert nos produits du terroir: un nouveau fromage tous les 50km à l’épicerie du coin et un petit verre du vin local! Dans les gîtes je me suis régalée de légumes et fruits du jardin, de jus et confitures maison…huuum…comme le chemin a bon goût ! 

À propos de chemin, savez vous à quel point nous sommes chanceux de vivre dans un pays qui entretien tant de chemins de randonné ? Si, si j’ai visité des pays magnifiques, avec des paysages splendides où il y a très peu de possibilité de randonner! 

Alors aujourd’hui je vous partage tout mon amour des bons côtés de la France! 😉

Douce France, cher pays de mon enfance! 

À bientôt après le col de Roncevaux.