Entrevue avec Anne-Sophie Novel

          Blogueuse et journaliste, Anne-Sophie Novel est  à l’origine du projet Place to B. Lors de la COP 15, elle était à Copenhague et avait beaucoup apprécié de pouvoir travailler et rencontrer les autres blogueurs dans un café réservé à cet effet. Lorsqu’elle a découvert que la COP21 serait à Paris, elle a émis l’idée de trouver un endroit similaire. Depuis l’idée a germé, grandi et vit bien au-delà de ce qu’Anne-Sophie avait initialement imaginé. Elle a accepté de répondre à mes questions lors du petit-déjeuner de vendredi dernier. Merci de ta disponibilité Anne-Sophie!

Portrait Anne-Sophie

   cc Marine Leduc

Anne-Sophie, la première aventure Place to B touche à sa fin. Quelles sont tes impressions ?

Il y a plusieurs choses, avec Place to B on s’est surtout fixé l’ambition de créer quelque chose de positif, un écrin pour que les gens se sentent bien, et qu’ils comprennent que  Place to B s’inscrit dans un esprit constructif. Le but étant de créer véritablement une nouvelle façon d’aborder le sujet du changement climatique et de s’ouvrir au public. Place to B est un endroit où les gens se retrouvent autour de convictions, pour essayer de se dire comment  mieux les partager. Et je pense que c’est réussi, nous  avons atteint notre ambition. D’autre part, je trouve que l’on a une équipe qui s’est révélée. Que ce soit au niveau de l’équipe qui travaille sur le projet depuis des mois et puis aussi des bénévoles. Je suis heureuse de voir comment chacun a trouvé sa place et rendu cette aventure possible. C’est une aventure humaine avant tout et je suis vraiment très heureuse à ce niveau-là.

Quelle est la prochaine étape de Place to B ? As-tu déjà une vision ?

      Après ce que l’on vient de vivre, je crois que chacun va décompenser et ce sera étrange la semaine prochaine ne plus avoir d’événements à organiser. Mais on va avoir tellement de contenu à travailler que l’on sait que l’on est qu’au début de quelque chose. Ce matin nous allons nous réunir et avoir une réflexion sur le futur de Place to B. Je ne sais pas encore comment cela va se concrétiser. Cela dit il y a déjà plusieurs pistes qui se dessinent: il y a l’idée de faire un we- doc et d’utiliser tout notre contenu radio, vidéo et photo à l’image de ce qui a été vécu et créé ces dernières semaines, afin d’expliquer ce qui s’est passé ici. Il y a aussi l’idée de faire une campagne de financement participatif afin de financer certains des projets nés dans la Creative Factory. Il y a la possibilité de créer un réseau international de gens qui désirent prolonger cet effort dans le temps. Certains nous voient comme un événement collectif qui pourrait se répliquer à d’autres occasions. C’est un concept qui a séduit beaucoup de monde, le fait de réunir des gens variés dans un endroit sympa et ouvert. Il reste donc à savoir si nous voulons faire ça à chaque COP ou à l’occasion de d’autres événements aussi. On va déjà écouter la communauté, et voir les idées qui émergent. Et on va se donner le temps de bien réfléchir aux choses, car on ne pourra pas tout faire. On décidera à la majorité.

Aujourd’hui le thème de Place to B est B-Long, une réflexion sur le temps. Tu as commencé récemment une série d’interviews sur ce thème. Quelle est ta vision du temps ?

J’ai eu cette idée d’interviews sur le temps en Septembre 2014, c’est-à-dire au moment où le Projet Place to B prenait de plus en plus de place dans ma vie. Je me demandais comment les autres faisaient pour gérer leur temps, parce que ça demande beaucoup de discipline en tant que freelance de  gérer les interviews pour mon activité de journaliste, les conférences et ce projet en même temps. J’avais envie de savoir comment les autres se débrouillaient. Mon idée c’était un peu l’équivalent du porte monnaie dans Rue 89 appliqué à un agenda. J’ai donc proposé mon idée au Monde et l’idée leur a plu. Je n’ai pas fait exactement ce que je voulais, car je prévoyais de poser des questions récurrentes, que chacun puisse faire l’exercice. Mais finalement, la série remporte un joli succès, elle a été arrêtée en Juin, et puis, a repris pour cette fin d’année. Il y a donc une interview qui va être publiée aujourd’hui, et une qui sera publiée la semaine prochaine. Par la suite, j’aimerais bien interviewer Sylvain Tesson, mais pour l’instant, il ne veut pas répondre.

Et est-ce que ces interviews t’ont ouvert de nouveaux horizons ? As-tu changé ta façon de gérer ton temps ?

Je me suis prise comme propre cobaye, car j’ai toujours un emploi du temps super chargé. J’avais interrogé un coach en gestion du temps qui m’a aidée. Je me suis moi-même faite coacher, c’est assez intéressant de comprendre mon rapport à la gestion d’e-mails et à un certain nombre de choses. Je progresse, j’ai appris à dire non, à mettre des priorités. Par exemple, j’essaie d’avoir accompli quelque chose avant 10h00 du matin, afin d’avoir le sentiment de ne pas être en train de perdre ma journée. C’est pleins de petites astuces comme celle-ci, qui font que je peux mieux m’organiser, et ainsi apprécier le moment. Ce qui est intéressant, c’est qu’il y a une variété d’approches du temps parmi toutes les personnes que j’ai été voir. Tout le monde n’en parle pas de la même manière.

Et pourquoi avoir choisi ce thème aujourd’hui ?

Car nous sommes dans l’urgence, les dirigeants sont dans l’urgence de trouver un accord. C’est un temps d’action puisque l’on essaie de trouver des accords pour 2020. Et la distance qu’il y a entre maintenant et 2020 ne nous donne pas nécessairement le sentiment qu’il y a urgence à agir. Nous ne savons pas toujours comment saisir tout cela, ce sont donc ces questions que nous allons aborder ce matin.

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Questions to Anne-Sophie Novel

Blogger and journalist, Anne-Sophie Novel is the founder of Place to B. During the COP15, she was in Copenhague and enjoyed working and meeting other blogers in a café booked for them. When she discovered that COP21 would be in Paris she suggested to find a similar place. Since then the idea has grown and lives far beyond what she initially suggested. She agreed to answer my questions last Friday as she was finishing her breakfast. Thank you for your availability Anne-Sophie!

Portrait Anne-Sophie

   cc Marine Leduc

Anne-Sophie, the first Place to B adventure is about to end. What are your impressions?

There are several things, with Place to B we had for main ambition to create something positive, a bubble for people to feel good so they would understand that Place to B exists only in a constructive spirit. The aim being to really create a new way to communicate about climate change and to open to the citizens. Place to B is a place where people meet around convictions and try to discuss how to share it better. And I think we succeeded, we reached our ambition. On the other hand, I think we have a team that had proved to be a revelation on all levels. I am thinking or the core team which is working on the project for  months, and also the volunteers. I am happy to see how everyone has found its place and made this adventure possible. It is a human adventure before anything and I am really satisfied about it.

What is the next step for Place to B? Do you already have a  vision?

After what we experienced, I believe each of us will relax and it will be strange next week to not have any event to organize. But there is so many content to work on, that we know it is only the beginning of something. This morning we will meet and have a reflection about the future of Place to B. I don’t know yet how it will materialize. Having said that there are already few options to explore: there is the idea to create a web doc by using all the radio, video and photo contents, in order to explain what happened here during 2 weeks. There is also the idea to create some crowd-funding campaign in order to support some projects of the Creative Factory. There is the possibility to create an international network of people who wish to keep the effort alive in time. Some people see us as a collective event which could be replicated at other occasions. It is a concept which seduced lot of people, the fact to gather diverse people in a great and open space. The question is to know if we want to replicate it at each COP or also at some other occasions. First, we will listen to the community and see the ideas which are arising. And we will give ourself time to think it through because we won’t be able to do everything, at the end we will decide at the majority.

Today the theme at Place to B is B-Long, a reflection about time. Lately, you have started a collection of interviews on that theme. What is your vision of time?

I had that idea of interviews about time in September 2014, around the time where the project Place to B was taking more and more space in my life. I was wondering how the others were doing to manage their schedule, because it requires a lot of discipline as a freelance to manage the interviews for my journalist job, the conferences and this project at the same time. I wanted to know how the others do. I offered my idea to Le Monde and they liked it. I couldn’t do exactly what I had in mind, because I wanted to ask always the same questions so that everyone would do the exercise.  Finally the series has a great success it has been stopped in June and started again for the end of this year. Therefore one will be published today and one will be published next week. In the future, I would love to interview Sylvain Tesson, but for now he doesn’t want to answer.

Did these interviews opened new horizons for you? Did you change the way your are managing your time?

I was my own guinea pig because I always have a full timetable. I interviewed a coach in time management who helped me. I have been coached myself, it is really interesting to understand through the lens of time management my relationship to emails and another list of things. I am progressing, I learned to say no, to put priorities. For exemple I always try to get something done by 10 o’clock in the morning, so that I don’t get the feeling that the day is flying by and I am losing my time. I learned many different tips as that one which help me to organise my time better, so I can enjoy the moment. What  it is interesting is that there are many different time approach with all the people I met. And everyone doesn’t talk about it the same way.

And why did you choose this theme today?

Because we are in the urgency, the leaders are in the urgency to find an agreement. It is a time for action because we are trying to find an agreement for 2020. And the distance there is between now and 2020 doesn’t necessarily give us the feeling that there is urgency for action. It is paradoxal and we do not know how to take it, we will abord all those questions today.

Fab lab, an innovation to share

           With Climate change people are pushed to innovate, to find new solutions in order to build a viable future. Innovation requires a fair amount of creativity. Without it, it is impossible to develop something new. And transgressing established rules, questioning it or reversing  it are part of the creative process.  Innovation is a concept applicable in all fields, it comes from a dream, an idea, a need or a problem. Equally, if these factors are reasons for innovation, then all humans are able to innovate because we all have ideas, dreams and solutions in mind.

        However we might not necessarily have the competences, tools or technology required to realise it. It was the from this statement professor Neil Gershenfeld from the Massachusetts Institute of Technology  decided to give access to his laboratory at any time of the day or the night to his students . He wanted to free up their creativity and encourage them to innovate. By doing this, the students could use  all the tools,  machinery, software and technology required to realize prototypes they had in mind. This is how the first Fab Lab (Fabrication Laboratories) was born.

        Neil Gershenfeld not only opened his laboratory to his students,  but through the Fab Lab charter he also encouraged them to share their knowledge and competences, in an educative perspective and also in the spirit of accelerating the innovation process. Indeed, the Fab Labs are open to anyone. And above all, there is no secret! All the processes, programs and plans are available in open source, accessible to everyone on the web network. That way, everyone is free to enhance the innovations of others, or to replicate it. There is no patents to protect it, only licenses which regulate the level of sharing and stipulate if it can be modified and redistributed, or only redistributed; and if the innovation can be commercialized or not.

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     The concept of Fab Lab has a great   success and in 15 years  has grown way beyond Universities environment. Fab Labs have been developed in networks in the entire world, not less than 400 have been listed in 2014. The Fab Labs can be private, or financed by crowd founding or public institutions. It already allowed many innovations, with  quality comparable to the industry: « It exists 2 models of 3D printers in the world, with similar prices and performance levels » explains Nicolas Sadeghi, a student from EFREI passionate by this topic and very involved in Fab Labs in France.

fablab quote

       

     Indeed, the Fab Lab network is an excellent accelerators of innovation, because different  people can work together  on the same project. Equally, it permits the development of long  lasting, adjustable and repairable products. Allowing the market to slowly to move away from the logic of planned obsolescence of products. Finally, the Fab Labs are great tools to empower people to create, develop and realize their ideas.

To go further:

>Some Fab Labs closed to mine?

Fab lab, une innovation de partage

           Avec le changement climatique l’homme est poussé à innover, à trouver de nouvelles solutions pour se construire un futur  vivable. Innover nécessite une bonne dose de créativité, sans elle il est impossible de développer quelque chose de nouveau. Il faut transgresser les règles établies, les questionner ou les inverser afin de créer. L’innovation est un concept qui s’applique à tous les domaines, et peut naître d’un rêve, d’une idée, d’un besoin ou d’un problème. Et si ces facteurs sont  des déclencheurs d’innovation, alors cela signifie que chaque être humain est capable d’innover car nous avons tous des idées, des rêves et solutions en tête.

         Cela dit nous ne possédons pas  forcément toutes les compétences, les outils ou la technologie nécessaire à leur réalisation. C’est de ce constat qu’est parti le professeur Neil Gershenfeld de l’université de technologie du Masachusetts en 1990. Pour libérer la créativité de ses élèves et aussi pour les encourager à innover, il leur a donné l’accès libre et permanent aux laboratoires de l’université. De cette façon, les élèves pouvaient utiliser tout le matériel nécessaire pour réaliser les prototypes et objets qu’ils avaient en tête à tout heure du jour ou de la nuit. C’est ainsi que naquis les premiers Fabrication Laboratories, maintenant communément appelé Fab Labs.

          Neil Gershenfeld ne s’est d’ailleurs pas contenté d’ouvrir son laboratoire à ses étudiants, à travers la chartre du Fab Lab  il les a aussi encouragé à partager leurs savoirs et compétences, dans un but éducatif et aussi dans le souci d’accélérer le processus d’innovation.  Ainsi le Fab Lab est accessible à tous, n’importe quand. Et surtout il n’y a pas de secret ! Tous les processus, programmes et plans d’objets développés sont « open source », c’est-à-dire accessible à tous sur internet. Ainsi chacun est libre d’améliorer les innovations des autres ou simplement de les répliquer. L’ensemble n’étant donc pas protégé par des brevets, mais des licences qui régissent les niveaux de partage et indiquent si l’innovation peut être modifiée et redistribuée, ou seulement redistribuée ; ou si l’innovation peut être commercialisé ou non.

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         Le concept des Fab Labs a rencontré un vif succès, et en 15 ans a rapidement dépassé le cadre universitaire. Les Fab Labs se sont développés en réseau dans le monde entier, en 2014 on en comptait pas moins de 400.  Ces Fab Labs sont soit privés, soit financés par des plateformes de financement participatif (crowdfunding) ou des institutions publiques. Ils ont permis de nombreuses innovations, à un niveau comparable à celui des industries. Ainsi « il existe deux modèles d’imprimante 3D au monde, l’un est breveté, l’autre est développé par les Fab Labs et leurs prix et niveaux de performance sont très comparables. » explique Nicolas Sadeghi, un étudiant de l’EFREI passionné par ce sujet et très impliqué dans les Fab Labs.

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Rêves-le. Fais-le. Partages-le.

       Ainsi les Fab Labs constituent à la fois des accélérateurs d’innovation car plusieurs personnes peuvent travailler ensemble sur le même projet. De plus, les produits développés étant entièrement compris de ceux qui les réalisent, ils sont donc réparables. Cela permet de sortir de la logique actuelle d’obsolescence programmée des produits, et d’obtenir à nouveau des produits de qualité qui durent dans le temps. Finalement, les Fab Labs démocratisent l’initiative de création, conception et réalisation de nouveaux produits, permettant ainsi aux gens d’oser réaliser leurs idées.

Pour aller plus loin:

>Des fab labs près de chez moi?

>Lire plus à propos des fab labs, Innovation et partage, la révolution des « fab lab ».

Ronde est la solution !

Ecosystème ! Voici le mot bien aimé de tous les environnementalistes, écologistes et activistes du climat. Ce mot scientifique est un mot-explication, un mot-solution. Et suivre la COP21 sans comprendre ce terme, c’est un peu comme essayer de rouler avec un vélo sans pédales! Alors je me suis penchée sur le sujet, et d’après l’encyclopédie Larousse  un écosystème se caractérise par ses flux d’énergie et recyclage de la matière première. De plus en écologie, l’écosystème désigne un environnement dans lequel vivent des êtres vivants fonctionnent ensemble en cycle fermé, comme pour le cycle de l’eau par exemple. En fait, les scientifiques considèrent que le réchauffement climatique est dût au fait que l’homme perturbe l’écosystème plutôt qu’il n’y contribue, comme par exemple lorsqu’il rejette un trop plein d’émission de gaz à effet de serre dans l’atmosphère et qu’il n’y a pas assez d’arbres pour absorber une telle quantité ou en touts cas pas si rapidement.

      Et pourtant l’homme est un être vivant et fait donc parti d’écosystèmes! Mais alors avec quels autres êtres vivants fonctionne –t-il en cycle fermé ? Et bien, lorsqu’il fait de ses déchets organiques un compost et qu’il le réutilise dans son jardin ou son champ pour fertiliser la terre. Et puis aussi lorsqu’il filtre ses eaux usées pour la réutiliser. Ou bien lorsqu’il investi de l’argent avec d’autres gens dans un projet ou une entreprise qui contribue à la société.  Alors voilà, c’est ça la solution au réchauffement climatique : des cercles fermés ! Arrêtons donc de tourner en rond, et empressons-nous de créer, récréer et restaurer des rondes de solutions !!!

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Round is the solution !

     Ecosystem ! This one of the favorite word of environmentalists, ecologists and climate activists. This scientific word is an explanatory-word, a solution-word. And following the COP21 without understanding this term is a bit like trying to ride a bicycle which doesn’t have pedals! So I got interested in the question, and according to Larousse encyclopaedia an ecosystem is characterised by its flux and raw material being recycled. Moreover in ecology, the ecosystem designate an environment in which the living beings are working together in closed circle, such as in the water cycle. Indeed, scientists estimate that climate change is due to humans disturbing the ecosystem rather than contributing to it. For example when we release an excessive amount of greenhouse gases into the atmosphere and there isn’t enough trees to absorb such a quantity, or at least not that fast in any cases.

   However human being is a living being and is by consequence part of ecosystems! So, with which living beings does he work in closed cycle? Indeed, when he transforms his organic waste into compost and uses it to fertilise the soil in his garden or field. And when he filters his waste water to reuse it. Or when he invests money with others in a project or a company which contributes in some ways to the society. This is it!  This is the solution to climate change: the closed cycles. And it is time to stop turning in circle, and let’s start to create, re-create and restore the round of solutions!!!

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L’industrie de l’automobile évolue vers l’économie circulaire

         Vendredi soir à  Place to B, Hugo Spowers était invité sur le plateau de l’émission  direct  Place to Brief. Il présentait son entreprise  Riversimple, qui pourrait bien révolutionner l’industrie de l’automobile d’ici quelques années.

       Actuellement, les voitures sont designées et développées suivant une logique très linéaire: production, utilisation et destruction. L’approche de  Mr. Spowers est complètement différente: il est en train de développer un service suivant lequel la personne payera un abonnement mensuel pendant une à trois années. L’abonnement inclura la location de la voiture, la consommation d’hydrogène comme carburant, les taxes et la maintenance de la voiture. Le seul coût en plus pour le client sera un forfait au kilomètre. “Dans le cas éventuel d’une inflation du coût de l’hydrogène, la différence sera prise en charge par l’entreprise. De plus, le prix de location diminuera avec le temps. » explique Hugo Spowers.

       Mr. Spowers insiste surtout sur le fait qu’il va proposer un service et non un produit. Simplement  par-ce-que si il vendait des voitures entièrement recyclables, il serait dans son intêret de vendre des voitures avec un temps de vie limité, voir très limité. En effet, cela ferait tourner leur cycle de vie rapidement, et il pourrait en vendre souvent de façon à ce que cela soit financièrement profitable à son entreprise. Sa vision est en fait totalement opposée: il veut ralentir le cycle de vie de ses voitures, de façon à réinvestir le profit dans le développement de voiture qui consomment moins d’énergie et par conséquent faire plus de profit. Le service n’est pas encore disponible, des essais sur route avec vingt voitures sont prévus pour l’année prochaine et le lancement devrait avoir lieu en 2018.

   Ce business model est l’illustration parfaite de l’économie circulaire, si bien promue par Dame Ellen MacArthur et sa foundation depuis 2010. Suivant le principe de l’économie circulaire, les produits sont conçus de façon à être durables, réparables et recyclables. Cette idée est née dans l’esprit d’Ellen  après sa traversée en solitaire de l’océan glacial Antarctique . Elle devait faire très attention à sa consommation et ré-utiliser toutes les ressources possibles à bord. Car ce qu’elle avait pris avec elle lorsqu’elle débuta sa traversé, était tout ce qu’elle avait. Depuis, Ellen MacArthur a partagé sa vision dans le monde entier; prenant part à de nombreuses conférences, participant au TED talks et essayant d’injecter ce modèle à l’intérieur des multinationales.

      De la vision à la réalisation, cela prend beaucoup de temps et d’efforts. Mais remplacer des lignes par des cercles, l’énergie fossile par l’énergie verte, des vies courtes par de longues vies pour nos objets, cela fait définitivement partie de la solution au changement climatique. Il est donc dans l’interêt de l’humanité de créer des cercles vertueux d’économie circulaire et de les voir tourner dans tous les secteurs industriels.

>A Lire aussi: un autre exemple brillant d’économie circulaire appliqué dans une interview conduite par Anne Sophie Novel pour Le Monde.