Deux jours avec Benoît en développement de micro-crédit

Benoît avait effectué un bénévolat de 6 mois en 2010 à Formosa avec Bernadette Caffier, à l’époque c’est elle qui menait le projet de micro-crédit dans la province. Il y a deux ans, il a décidé de prendre sa suite et de développer le réseau. Celui-ci s’appelle « No podemos fracasar » : « Nous ne pouvons pas  échouer », un nom ambitieux dans un pays où l’économie est si fluctuante.  

Comprendre le micro-crédit en une réunion

Ce mardi après-midi, ce sont six femmes du quartier qui viennent se réunir chez Pauline et Benoît, pour la seconde réunion de micro-crédit du mois. Leur groupe s’appelle « Mujeres en marcha »: « Femmes en marche ». Elles s’installent autour de la table, accrochent au mur leur charte, un autre poster avec le mode de fonctionnement  du micro-crédit et, finalement, un immense tableau avec le nom des participantes, les différentes caisses et les indemnités. La réunion suit un ordre très précis : la secrétaire écrit tout dans le cahier de l’équipe, la trésorière ouvre l’une après l’autre les enveloppes qui constituent les  différentes caisses, elle compte les billets, reporte les sommes sur une feuille de suivi et Benoît fait de même de son côté. A la fin, tous les participants signent le cahier et les feuilles de suivi qui seront conservées soigneusement pour les prochaines réunions.

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Groupe des « Femmes en marche »

Il y a trois différentes caisses : la caisse de solidarité, la caisse interne et la caisse d’urgence.

  • Caja solidaria- Caisse de solidarité :La caisse de solidarité sert de « garantie » du crédit accordé par le réseau. Elle permet de soutenir les adhérentes, dans le cas où l’une d’entre elles ne pourrait pas rembourser son crédit. Dans ce cas, sa mensualité est prise en charge par cette caisse, à charge à la personne de rembourser à la fois à la caisse et de payer sa mensualité le mois suivant. Cette caisse requiert une participation de 5 à 10 pesos par mois selon les groupes.
  • Caja de ahorro – Caisse d’épargne : : La caisse de solidarité sert de « garantie » du crédit accordé par le réseau. Elle permet de soutenir les adhérentes, dans le cas où l’une d’entre elles  ne pourrait pas rembourser son crédit. Dans ce cas, sa mensualité est prise en charge par cette caisse, à charge à la personne de rembourser à la fois à la caisse et de payer sa mensualité le mois suivant. Cette caisse requiert une participation de 5 à 10 pesos par mois selon les groupes.
  • Caja de emergencia- caisse d’urgence : cette caisse fonctionne à partir d’un apport de chacun des membres du groupe (soit 5 soit 10 pesos selon les groupes). Elle sert en cas d’urgence pour l’achat de médicaments, payer la facture de gaz ou d’électricité, etc. Ce mois-ci, deux personnes utilisent cette aide. Cela reflète la récente augmentation du coût de l’énergie de +10 % et les factures d’eau et d’électricité soudainement plus élevées.

Sans oublier l’élément de base du micro-crédit : le crédit accordé par le réseau aux participants de chaque groupes. Les emprunts fonctionnent par paliers : la personne emprunte une première fois la somme équivalente au premier palier, soit : 1000 pesos ; si elle la rembourse sans soucis alors elle est autorisée à emprunter la somme du second palier soit : 1500 pesos, et ainsi de suite. L’argent des taux d’intérêts vont au réseau du micro-crédit. Ils seront réinjectés l’année suivante dans un nouveau groupe ou le financement de nouveaux crédits. une nouvelle activité. Le taux d’intérêt de cette caisse est en ce moment très haut : 5%, à cause de l’inflation de ces derniers mois.

Dans ce groupe, une des femmes est couturière et coud de jolis sacs, porte monnaies et étuis de lunettes en simili cuir. Elle a contracté un prêt afin de participer à une formation de couture et apprendre des techniques qu’elle ne maîtrise pas encore.

Voyage dans l’intérieur de la province de Formosa

Ce  jeudi après-midi, Benoît a emprunté la voiture d’un ami et nous roulons sur une route toute droite  depuis déjà deux heures. Le paysage autour est très plat, couvert de champs et ponctué de palmiers et de maisons simples. Nous allons dans l’intérieur de la province à Pozo del Tigre, Ibarreta et Palo Santo, afin de rencontrer quatre autres groupes de micro-crédits. Benoît m’explique que nous avons de la chance d’être en voiture, car au début de son projet il faisait cette excursion de 2 jours en bus. S’il est simple de relier Formosa à chacune de ces villes, c’est nettement moins facile de relier les villes entre elles, du coup il a même tenté le stop !

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Réunions de micro-crédit dans la province

Durant le trajet, Benoît me parle de l’une des réalisations récente du réseau : la participation de certains groupes à un marché artisanal. Il espère par ce biais augmenter l’activité des membres du réseau et aussi, leur faire comprendre que le micro-crédit est une réelle opportunité pour leurs activités principales. En effet, actuellement peu de membres utilisent ce système économique comme un tremplin pour leurs activités professionnelles. Benoît me cite l’exemple réussi d’une boulangère d’Ibarreta, qui débuta en vendant ses pains dans la rue et qui petit à petit, a investi dans un local et un four. Elle a maintenant pignon sur rue. Cependant, de tels exemples se comptent sur les doigts d’une seule main et, Benoît aimerait en encourager beaucoup plus. Pendant ces deux jours, nous ne rencontrerons pas moins de quatre groupes. L’accueil est toujours aussi chaleureux. Il y a parfois des discordes au sein des groupes, mais jusqu’à présent tous les participants ont toujours remboursé 100% de leurs prêts.

Encourager et développer l’agriculture

Dans le réseau de micro-crédit, il y a beaucoup de personnes qui ont des petits commerces (nourriture, snacks, vêtements), mais très peu produisent quelque chose de leurs mains. Pourtant, il y a quelques productions intéressantes : miel, confitures, farine de caroube. Alors, Benoît essaie de mettre en relation les producteurs et les vendeurs, afin de développer leurs activités à travers la province.

C’est dans cet esprit que nous rencontrons Charli, un professeur de biologie passionné par l’agriculture. Il possède un moulin, avec lequel il broie les fruits du caroubier et il travaille au développement de la farine. A Buenos Aires, cette farine a beaucoup de succès dans
les réseaux bio et sans gluten. Il nous explique que la farine produite à Formosa est plus claire et granuleuse que celle que l’on trouve habituellement dans le commerce. En effet, il existe deux  sous-espèces de caroubiers : l’une provient d’Europe et l’autre d’Amérique du Sud et les farines résultant de la transformation de leurs fruits sont en fait différentes. L’une issue de l’arbre européen est effectivement nommée farine de caroube ; tandis que l’autre, issue de l’arbre sud-américain est appelée mesquite. Au niveau du goût, ces deux farines différent également : la farine de caroube a un goût qui se rapproche du cacao

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Benoît en visite chez une productrice de mesquite

et est utilisée comme substitue dans l’industrie agro-alimentaire. Tandis que celle de mesquite a un goût bien moins prononcé. Lorsque Benoît explique qu’il a pris contact avec une épicerie de Formosa et annonce le prix auquel le gérant est prêt à acheter la farine de mesquite, Charli lui répond qu’il espère en tirer un meilleur prix. En effet,  la farine de mesquite a des propriétés plus intéressantes que celles de caroube selon lui : elle contient plus de protéines, dont une protéine absente dans les céréales : la lysine. Il y a encore du travail pour Benoît afin de développer cet axe dans le réseau de micro-crédit mais cette rencontre est prometteuse.

Donner un cadre au réseau de micro-crédit sur le sol Argentin

La dernière réunion auquel j’assiste avant mon départ est celle des futurs membres de l’association argentine du réseau de micro-crédit. En effet, à la base ce réseau est soutenu par des fonds français. Ces deux dernières années, c’est Benoît qui a levé les fonds nécessaires pour la vie du réseau. Mais dans l’optique de pérenniser ce réseau et de le rendre à terme 100% Argentin, Benoît est en train de monter une association en Argentine. De cette façon, le réseau pourra également bénéficier de financements locaux. Monter une association dans ce pays n’est pas une tâche facile, Benoît s’est fait aider d’un ami avocat pour monter le dossier. Depuis, il l’a déposé aux autorités locales et il est dans l’attente de leur accord. Il ignore combien de temps il lui faudra pour l’obtenir mais en attendant il travaille déjà avec la future présidente et la future secrétaire de l’association.

Ainsi depuis deux ans Benoît fait vivre et développe le réseau de micro-crédit de Formosa. Il a effectué des démarches importantes pour sécuriser l’existence du réseau dans le temps et il a ouvert de nouvelles perspectives à certains petits producteurs. Il reste encore du travail pour sa successeuse : Clotilde. Benoît l’a recruté pour son expérience dans domaine social.  De plus, il souhaitait recruter une femme à ce poste. En effet, 90% des membres du réseau sont des femmes qui pendant les treize premières années d’existence du réseau avaient pris l’habitude de se confier à Bernadette. Benoît espère ainsi que Clotilde gagnera la confiance de celles-ci rapidement et continuera de les aider dans leur développement économique avec succès.

Two days with Benoît in micro-credit development

Benoît had done a volunteering of 6 months in 2010 in Formosa with Bernadette Caffier, she was leading the micro-credit project at that time. Two years ago, as Bernadette was retiring, he decided to take over the project and develop the network. The micro-credit network is called « No podemos fracasar »: « We can’t fail », an ambitious name in a country where economy is very fluctuating. 

Understanding micro-credit in one meeting 

This afternoon, it is 6 women of the neighbourhood who are meeting are meeting at Pauline and Benoît house for the second micro-credit meeting of the month. The group is called « Mujeres en marcha »: « Women on their way ». They sit, stick to the wall a poster with their group rules, another one explaining the way of working of the group and finally a huge table with the participants names, the different funds and indemnities. The meeting follow a very precise order: the secretary writes everything on the team notebook, the treasurer opens one after the other the different envelops which constitute the different funds, she counts the banknotes, report the sum on a follow-up sheet as Benoît does does on his own sheet. At the end all the participants sign the book and the follow-up sheet which will be thoroughly kept until the next meetings.

Formosa

Group the « Women on their ways »

There are 3 different funds: the solidarity fund, the saving fund and the emergency fund.

-Caja solidaria- Solidarity fund: It is used as a guarantee and covers the members in case one of them can’t reimburse the indemnity at some point. When a person uses this fund, she promises to refund the next month and pay her monthly fee at the same time. This fund requires a participation of 5 to 10 pesos per months.

-Caja de ahorro – Savings bank: It is the equivalent of the internal fund. It works on the principle of a saving account with a difference: the interest rate is decided by the participants (in this group 3%). The interests are distributed between the participants at the end of the year based on their respective contributions. The more they save, the bigger the interest is.

-Caja de emergencia- Emergency fund: This fund works based on the contribution of each members (5 to 10 pesos depending on the groups). It us used in case of emergency such as medicines purchase, gaz or electricity bills…This month 2 persons are using the fund. It reflects the recent increase of energy cost of  +10 % and the bills suddenly more expensive.

And of course the main element of the micro-credit is the credit provided by the network to each participants. It works by steps:  the person borrows a first time the sum of: 1000 pesos. If she reimburse without any issues then she is authorised to borrow the sum of the second step : 1500 pesos and so on. The interest generated by this fund are going to the micro-credit network. It will be re-injected the next year in a new group or new credits. The interest rate of this fund is very high at the moment: 5%, because of the inflation of these last months.

In this group, only one woman uses micro-credit for her main professional activity: she is designer and sew some nice bags, wallets and glasses cases in imitation lather. This month she asked for a loan in order to take part to a training and learn new skills.

Travel inside Formosa province 

It is Thursday afternoon, Benoît borrowed his friend car and he is driving us on a straight road since already 2 hours. The landscape is very flat, covered with fields and punctuated by palm trees and houses. We are progressing inside Formosa province toward the cities of Pozo del Tigre, Ibarreta and Palo Santo in order to meet some other micro-credit groups. Benoît explains me how lucky we are to travel by car, because at the beginning of his project he was doing this regular trip by bus. If it is simple to join each cities from Formosa capital, it is far less easy to travel between each city by bus, so much that he even tried hitchhiking!

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Micro-credit groups inside Formosa province

During the drive, Benoît tells me about a recent realisation of the network: the participation to local handcraft market. He is hoping to be able to increase the activities of the network through this channel and also to make participants realise the good opportunity that represent the network for their main professional activity. Benoît mentions to me the example of a baker in Ibarreta who started by selling her bred on the street and who step by step invested in a place and an oven. She has now a bricks-and-mortar shop. However such examples remains rare and Benoît would like to facilitate more of it. During these 2 days we meet not less than 4 groups. We are always warmly welcomed, there are sometimes conflicts within groups, still until now the participants always refund 100% of their loan.

Promoting and developing agriculture 

In the micro-credit network the majority of the participants have small shops (food, snacks, clothes) and very few participants produce things with their hands. Still there is interesting productions: honey, jam, carob flour. And Benoît tries to connect producers and sellers in order to develop their activities in the province.

It this context we meet Charli, a biology professor passionate about agriculture. He owns a mill which allows the transformation of carob fruits into flour and he works on it since few

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Benoît visiting a mesquite producer

years. In Buenos Aires this flour has lot of success in organic and gluten free distribution networks. Charli explains us that the flour produced in Formosa is clearer and grainier than the one usually found in the shops. Indeed, it exists 2 under species of carob tree: one is European and the other South American and the 2 flours obtained from their fruits are different. The flour made from the European tree is precisely called carob flour, whereas the other one obtained from the South American tree is actually called mesquite. Even the taste of the 2 flours is different: the carob flour has a taste closed to cocoa and is often used as substitute in the food industry. Whereas the taste of the mesquite flour is less pronounced. When Benoît explains that is has contacted a grocery shop in Formosa capital and announces the price the manager would be ready to buy the mesquite flour, Charli answers that he expects a better price for it. He explains that mesquite flour has actually better properties than carob flour: it contains more proteins, included lysine, absent in the carob flour. There is still some work to be done by Benoît in order to develop this agriculture axis in the micro-credit network, however this meeting is promising.

Building a legal context for the mico-credit network in Argentina

The last meeting I attend before leaving Formosa is with the future members of the Argentinean association of micro-credit. Originally the network is supported by French funds. These 2 last years Benoît has raised the money needed to continue and develop the network. However, in the objective of sustaining the network and turning it into a 100% Argentinean network, Benoît started to create an Argentinean association. This way, the network could also benefit from Argentinian funds and most importantly it will have a legal structure in Argentina. Building an association in this country is not easy, to build the case Benoît has been helped by a friend of him who is a lawyer. He has delivered the file to the local authorities few weeks ago and he is waiting for their green light. Benoît ignores how long it will take to obtain it, it doesn’t stop him to start working closely with the future president and secretary of the association.

Since 2 years Benoît has led and grown the micro-credit network of Formosa. He has started important administrative procedures to secure the existence of the network in time and to open new perspectives to small producers. Still, it remains some work for his successor: Clotilde. Benoît selected her for her experience in social work. Moreover he chose to leave the position into a woman’s hands because 90% of the network members are women and during the thirteen first years of the network life they got used to open up to Bernadette. Benoît is hoping that Clotilde will win the trust of these women easily and she will continue to help them with success in their economic development.

Deux jours avec Pauline en prévention des addictions

En suivant Pauline dans ses multiples activités et réunions, elle me raconte son projet. Lorsqu’elle est arrivée en 2014, elle ne parlait pas Espagnol et personne ne l’attendait dans le diocèse. Elle a dû donc non seulement apprendre une nouvelle langue, s’adapter aux façons de communiquer et de travailler en Argentine mais également se faire petit à petit sa place au sein d’une Eglise plutôt machiste. Ses forces ? Sa passion pour son projet, sa persévérance dans ses idées et son expérience au parlement européen. Grace à cette expérience professionnelle elle est habituée à travailler et communiquer de façon politique, ce qui constitue un réel atout dans sa mission de coordination des Equipes de Prévention des Addictions : EPA.

 

Les groupes d’écoute

Avec Pauline j’ai assisté à plusieurs groupes d’écoute et de soutien aux proches de jeunes touchés par la toxicomanie. Ce sont essentiellement les mères et femmes  qui s’y rendent. Ces femmes ont un quotidien très dur et ne savent pas toujours comment accompagner

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Un groupe d’écoute et Pauline (à droite)

leurs compagnons ou leurs fils face à l’addiction. Alors dans ces groupes elles prennent conscience qu’elles ne sont pas seules dans cette situation, elles peuvent apprendre des autres et surtout se décharger un peu de leur fardeau émotionnel.  Ecouter et accompagner est tout un art : on ne juge pas, on ne prend pas d’initiative et l’on conseille quand la situation est vraiment grave, où ne pas le faire serait de la non-assistance à personne en danger. Lorsque ces femmes demandent des conseils alors Pauline leur propose des options : inscrire leur fils dans une formation de professionnalisation proposée par le foyer Don Bosco (une communauté salésienne du diocèse de Formosa) ; demander un suivi psychologique pour leur fils et parfois aussi pour elle-même. Mais c’est tout un cheminement pour ces femmes d’atteindre ces étapes et cela prend du temps ! Pauline garde tout de même la motivation et leur propose toujours de les accompagner dans leurs démarches : « La porte est ouverte, tu sais qu’il existe ces options. Donnes-moi rendez-vous et nous irons ensemble. » C’est un travail de longue haleine et de patience avec des femmes dont l’estime d’elles-mêmes souvent très basse les limite dans leurs initiatives.

Une réunion clé

C’est mercredi après-midi, nous allons à l’hôpital du quartier  « Circuito 5 » dans la

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Hôpital du Circuito Cinco

section Psychiatrie. Pauline a rendez-vous avec son amie Vanesa qui est médecin psychiatre et l’équipe de psychologue de l’hôpital. Sur le chemin, Luisa nous rejoint. C’est une des volontaires les plus dynamiques des équipes de prévention. Luisa est institutrice et depuis peu elle a quitté ses groupes de catéchèse pour se consacrer encore plus à la prévention contre la drogue. A l’hôpital nous rencontrons quatre autres professionnels de la santé : psychiatre et  psychologues. Chaque personne arrive l’une après l’autre au cours de la réunion. Au départ l’ambiance est plutôt à perplexe : que veulent cette française et cette institutrice ? C’est que l’hôpital ne dispose pas de beaucoup de moyens. L’équipe est déjà débordée et il n’y a que deux médecins psychiatres dont un à mi-temps. Quand bien même, au fur et à mesure de la réunion l’atmosphère se détend et l’enthousiasme grandit. En effet, Pauline est venue

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Luisa en pleine présentation

chercher des informations et aussi un moyen de faire le lien entre ses groupes d’écoute et l’étape suivante : le soutien psychologique pour les familles touchées par la toxicomanie. Quant aux médecins, ils ne veulent pas se cantonner à traiter des personnes en situation d’addiction : ils veulent faire plus de travail en amont  et s’axer un peu plus dans la prévention.  Alors lorsque l’une des psychologues propose de venir assister à des groupes de parole régulièrement, les objectifs pour la réunion ont été largement atteints. Je suis enthousiasmée par l’engagement et l’efficacité de ces volontaires et professionnels. A la fin de la réunion il est décidé qu’ils travailleront ensemble. Ils ont déjà des plans d’actions concrets et une date pour se rencontrer à nouveau la semaine qui suit. Je ne me souviens pas avoir assisté à une réunion plus productive que celle-ci de toute ma vie !

 

 

EPA, EPA ! Hablemos del tema! Hé EPA ! Nous devons parler du problème !

Jeudi matin le réveil sonne à 6h00 et à 7h00 nous prenons le bus, nous avons rendez-vous à 8h00 à la Manantial, une radio locale. Aujourd’hui est un grand jour : c’est le jour de la En Airepremière émission de radio de prévention des addictions. Une idée que Pauline défend depuis des mois auprès des différentes personnes du réseau de prévention et elle a enfin obtenu le feu vert ! L’idée de cette émission est de non seulement promouvoir les actions déjà existantes sur le terrain mais aussi offrir un espace d’expression au grand public. La drogue est un problème de société et parler de ce thème à la radio locale est un excellent moyen d’encourager les gens à agir pour s’en sortir. Au micro Sergio, un journaliste radio à la voix calme et posée, est accompagné par Norma qui apporte son optimisme et son enthousiasme. Ils introduisent donc la Comission Diocésaine de lutte contre la toxicomanie (Comision Diocesana de Drogadependencia) et les EPA : Equipes de Prévention des Addictions et son émission de radio EPA, EPA ! Hablemos del tema (Hé EPA! Nous devons parler du problème) en interrogeant un prêtre et une volontaire. A la régie Viviana est très motivée par cette nouvelle émission et a déniché  à la dernière minute un super jingle.  A la fin de l’émission les idées fusent : « nous avons besoin d’une page facebook pour que les gens puissent poser facilement leur questions et témoignages ». L’initiative de cette émission est bonne et son développement promet d’être intéressant !

                 Sergio & Norma                                  Pauline & Viviana

Ainsi en l’espace de deux ans Pauline a largement rempli sa mission : elle a mis en place un véritable réseau de soutien et prévention aux addictions sur Formosa. Elle travaille non seulement avec les familles touchées par la drogue, des professionnels de la santé mais elle a également réussi à ouvrir le débat au grand public au niveau de la ville. Et puis la prévention ne serait pas la prévention si elle ne s’adressait pas aux plus jeunes également. Ainsi Pauline a mis en place des ateliers de théâtre pour les enfants tous les dimanches matins. Après ces ateliers ils ont accès à un repas gratuit cuisiné par des bénévoles.  Pour la suite du projet, Pauline a recruté avec grand soin son successeur : Niels. Elle a cherché une personne avec un profil de travailleur social pour plus de performance sur le terrain. Et elle cherchait également un homme afin  de rendre la tâche plus facile à cette personne au niveau du réseau EPA…Asi ès !  Ainsi est la réalité du terrain !

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Atelier théâtre du dimanche matin

Two days with Pauline- Addiction Prevention

While I walk with Pauline heading to her meetings and different activities, she tells me about her project. When she arrived in Argentina in 2014 she didn’t speak a word of Spanish and no one was expecting her in the diocese. Not only she had to learn a new language but she also had to adapt her ways of working and communicating to Argentina. And step by step she found her place within a church rather sexist . Her strength? Her passion for her project, her perseverance with her ideas and her experience at the European parliament. Thanks to her professional experience she is used to work and communicate in a political way, which is a real advantage in her mission of coordination of the Teams of Addictions Prevention (Equipos de Prevencion de Addictiones): EPA. 

The listening groups

With Pauline I attend different listening and support groups for the relatives to young

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A listening group and Pauline (right)

people affected by drug addiction. It is essentially mums and wives who are joining. These women experience a tough daily life and sometimes don’t know how to support hers partners or sons facing addiction issues. In these groups they realise they are not alone in this situation, they can learn from others experiences and above all release a bit their emotional burden. Listening and supporting is an art: we don’t judge, we don’t take initiatives and we advise when the situation is really serious, when not doing it would be same as failure to assist a person in danger. When a woman asks for advices, then Pauline can offer solutions: to register her son in a professional training at Don Bosco (Salesian community of Formosa diocese), ask for some psychological support for her son and sometimes for her as well. But there is a long way for these women to reach those steps and it takes quite some time! Pauline keeps anyway her motivation up and always offers to come with them for the different procedures: « My door remains open  you know these options exist. Call me and we will go together. » It is a long-term job where patience is required with women who often have a poor self-esteem level limiting them in their initiatives.

A key meeting 

It is Wednesday afternoon, we are going to the hospital of  « Circuito 5 » district, in the psychiatry section. Pauline has an appointment  with her friend Vanesa,

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Cicuito Cinco hospital

psychiatrist doctor and the psychologist team of the hospital. On the way, Luisa join us. She is one of the most dynamic volunteer of the prevention teams. Luisa is teacher and she recently left her catechises groups to dedicate more time to prevention of drug addiction. At the hospital we meet 4 other professionals of health care: psychiatrists and psychologists. Each person arrives one after another during the meeting. At first the atmosphere is a bit perplex: what do this French woman and this teacher want? The thing is the hospital doesn’t have a lot of resources. The team is already overloaded and there is only 2 psychiatrists with one being part-time. However, as one goes along the atmosphere gets more relaxed and the enthusiasm grows.

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Luisa doing a presentation

Indeed Pauline came to seek for information and ways of linking her listening groups to the next step of the process: the psychological support for the families of persons with addictions. And the doctors they don’t want to stick to treatments for people in situation of addictions: they want to be proactive and  act more in prevention. Therefore when one of the psychologist offers to join on regular basis the listening groups, the objectives of the meetings are over-archived. I  admire the involvement and the efficiency of these volunteers and professionals. At the end of the meeting it is decided to work in collaboration. They already have a concrete action plan and a date to meet again the following week. I don’t remember attending such a productive meeting  before!

EPA, EPA ! Hablemos del tema! Hey EPA ! We have to talk about the issue !

Thursday morning the alarm rings at 6 am, at 7 am we are on the bus and at 8 am we reachEn Aire.jpg the Manantial, a local radio. Today it is a big day: it is the day of the first radio program about the addictions prevention. An idea that Pauline is supporting since many months to the different members of the prevention network and she has finally obtained the green light! The objective of this program is not only to promote the actions already existing on the ground but also to offer a space of expression to a larger public within the city. Drug is a problem of society and talking about it on the local radio is a great way to encourage people to fight to get out of it. At the mic Sergio, a radio journalist is presenting with a calm voice, in tandem with Norma who brings her optimism and enthusiasm. They introduce the Diocese Commission of fight against Drug Addiction (Comision Diocesana de Drogadependencia) and the EPA : teams of Addiction Prevention and its radio program EPA, EPA ! Hablemos del tema (Hey EPA! We have to talk about the issue). To do so they interview a priest and a volunteer. In the control room Viviana is super motivated by this new program and found at the last minute a great jingle. At the end of the program the ideas are flowing: « we need a facebook page so people can easily ask questions and share testimonies ». The initiative of this program is great and its development  promises to be really interesting!

                     Sergio & Norma                                  Pauline & Viviana

In a window time of 2 years Pauline has fully fulfil her mission: she has set a true network of support and prevention against addiction in Formosa capital. She work not only with families touch by drug and health professionals but she also succeed to open the debate to the public at a city level. And the prevention wouldn’t be prevention if it wouldn’t include children too. This is why Pauline has set some drama workshops for children every Sunday morning. After the workshop they have access to a free meal prepared by volunteers. For the project next steps, Pauline has recruited her successor: Niels. She was looking for a social worker in order to be more performant on the ground. And she also looked for a male in order to make the work easier for this person in the EPA network…Asi ès !  This is how the ground reality is!

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Sunday morning drama children group

A Formosa avec Form’Oser

La semaine dernière j’ai rendu visite à Pauline et Benoît qui vivent à Formosa depuis bientôt deux ans.  Ils y mènent deux projets de solidarité internationale avec l’association qu’ils ont monté : Form’Oser. Je les ai suivis dans leurs projets pendant toute une semaine.

 Des conditions sommaires pour une proximité clé

Je débarque dans la province la plus pauvre d’Argentine par un beau dimanche matin. AFormoser team.jpg 8h00 la température est déjà de 30°C. Benoît vient me chercher à la station de bus, dans le taxi il me prévient : « Tu verras chez nous c’est rustique ».  Et pour cause : avec Pauline ils ont emménagé en plein cœur du quartier « Circuito cinco », un des plus pauvres de la ville. Dans ce quartier les rues sont en terre battue, on se déplace au milieu des chiens errants. L’ambiance sonore est un joyeux mélange  de salsa, de cumbia et musique folklorique qui s’échappe des maisons à coup de décibels bien chargés. On salut les voisins au passage : « Hola, que tal ? Todo bien ? ». Le trop plein des égouts s’écoulent dans la tranchée entre le trottoir et la rue. Dans les maisons l’eau bien que courante n’est absolument pas potable. Chez Pauline et Benoît ce n’est pas très grand, heureusement leur accueil très chaleureux compense le manque de confort. Ils m’expliquent que vivre dans ce quartier, leur permet de vivre au milieu des gens qu’ils côtoient dans leurs projets. C’est une façon cohérente et entière de vivre les projets. En effet, ils ne sont pas là pour faire la charité mais du développement social et économique. Ils sont au service des gens de leur quartier et ils travaillent et vivent avec eux.

Un projet sur mesure

L’histoire de Form’Oser, c’est l’histoire d’un couple qui voulait partir eCIMG3807.JPGnsemble participer à un projet de solidarité internationale mais qui ne trouvait de projet pour partir à deux. Alors ils ont décidé de se lancer et de monter leur propre projet. Benoît avait déjà passé 6 mois à Formosa en 2010 et il avait travaillé sur un projet de micro-crédit. Il savait que la personne qui menait ce projet depuis 13 ans voulait prendre sa retraite alors il a décidé de prendre son relais. Quant au projet de Pauline, il concerne la prévention et l’accompagnement de jeunes et de familles touchés par la toxicomanie et elle est l’a mis en place elle-même. Tous deux se disent à la fois  ravis et passionnés par leurs projets. Cependant le rythme est très soutenu car lorsqu’ils ne sont pas sur le terrain, ils sont en recherche de financements. En effet, depuis deux ans ils assurent entièrement le financement des projets de l’association ainsi que leurs salaires mensuels de 500 euros. Les semaines commencent lundi matin et se terminent dimanche soir, rythmées par les différentes réunions aux quatre coins de la ville et même de la province.

 

Des projets pertinents

Formosa est la province la plus pauvre d’Argentine. Beaucoup de gens vivent  de petits boulots comme la vente de nourriture dans la rue. Comme partout dans le pays la crise économique de 2001 a été ressentie fortement par la population. C’est à cette époque que le réseau de micro-crédit a été monté, depuis il s’est structuré avec l’aide de l’ONG national « Nuestras Huellas ». Ce réseau représente une opportunité pour les membres d’obtenir des crédits pour développer leur activité, chose qui ne leur seraient pas accordée par une banque classique. Cela leur donne également accès à une formation continue afin d’utiliser au mieux cette opportunité. Et finalement ils peuvent aussi épargner.

Si l’Argentine n’est pas productrice de cocaïne, elle demeure tout de même un plaque tournante de cette drogue puisque 20 tonnes transitent chaque année pour être vendues sur place, en Europe et en Afrique.  En plus de la cocaïne, une autre drogue y a fait son apparition : le Paco ou Pasta base est un mélange de kérosène, acide sulfurique et autre substances chimiques. Elle est très abordable : 2 pesos (soit moins de 0.12 centimes euros) la dose, et provoque une dépendance immédiate. Eglise ArgentineLes drogues consommées en Argentine ne se limitent malheureusement pas à la cocaïne et le Paco et touche tous les milieux. Formosa étant une région frontalière du Paraguay, le problème de la drogue y est particulièrement présent. Alors l’Eglise a décidé de mettre en place avec l’aide de Pauline des Equipes de Prévention des Addictions: EPA. Le rôle de ces équipes de volontaires est d’accompagner les familles touchées par la drogue et également de faire de la prévention auprès de la population.

La suite du projet

Pauline et Benoît vont bientôt repartir pour la France. Ce n’est pas pour autant qu’ils vont oublier Form’Oser. Tout d’abord ils ont décidé de continuer à financer les projets depuis la France, ainsi que les salaires des deux nouvelles recrues. En effet, ils ont recruté un autre couple pour les remplacer sur le terrain. Niels et Clotilde sont d’ailleurs très attendus à Formosa. Pauline et Benoît font vraiment tout ce qu’ils peuvent pour leur rendre leurs débuts en Argentine agréable. Ils ont même prévu d’aller les accueillir à Buenos Aires et de leur présenter tous leurs amis et contacts de la capitale !

 

In Formosa with Form’Oser

Last week I visited Pauline and Benoît who are living in Formosa since 2 years. They are leading 2 projects of international solidarity with the charity they created: Form’Oser. I shadowed them in their projects for one week.

 Simple conditions for a key proximity

I arrive in the poorest province of Argentina by a sunny Sunday morning. At 8.00 am the temperature is already around 30°C. Benoit comes to pick me up at the bus station, in Formoser teamthe taxi he warns me: « You will see our home is rustic ».  Indeed, with Pauline they moved into the heart of the neighbourhood « Districto Cinco », one of the poorest of the city. In this neighbourhood the road is a simple dirt floor, we walk among the stray dogs.  In the streets, the ambient sound is a joyful mix of salsa, cumbia and folkloric music which are invaded the air thanks to a great amount of decibels. We greet the neighbour while passing: « Hola, que tal? Todo bien? ». The excess of water from the sewer is flowing in the trench between the pavement and the road. In the houses there is current water but it isn’t drinkable. The house of Pauline and Benoît is rather small, fortunately their warm welcoming compensate greatly the lack of comfort. They explain me their choice of location, guided by the fact that it allows them to leave close to the people they are working with and helping through their projects. It is a coherent, full and complete way to live their projects. Because they are not here to give a handout but to do social and economic development. They are at the service of the people of the neighbourhood and they work together .

A tailored project

The story of Form’Oser is the story of a couple who wanted to go abroad to take part to an international solidarity CIMG3807project, but who didn’t find any to go together. Therefore they decided to build their own. Benoît had already spent 6 months in 2010 at Formosa and he had worked on a micro-credit project. He knew that Bernadette Caffier who was leading the project for thirteen years wanted to retire, therefore he decided to succeed her. Pauline’s project is about prevention and support to young people and family touched by drug addiction. She started the project from scratch and developed it. Both of them are all together pleased and passionate about their projects. However the rhythm is intense because when they are not working on the ground, they are raising money to fund to charity, the project and their monthly salaries of 500 euros. The weeks are starting on Monday morning and end on Sunday evening, clocked by the different meetings all around the city and the province.

 

Relevant projects

Formosa is the poorest province of Argentina. Many people are leaving below the poverty line. As everywhere in the country, the economic crisis of 2001 has strongly affected the population. At that time the microcredit network has been created. Since then, it has been structured with the help of the national NGO « Nuestras Huellas ». This network represent an opportunity for the people to borrow money when a bank wouldn’t consider a loan to help them developing their activities. It also opens to the participants an access to a regular trainings in order to learn how to make the most of this opportunity. Finally through the network, participants can also start savings.

If Argentina is not cocaine producer, the country still remains the hub of this drug as 20 tonnes are transiting each years to be sold in the country, in Europe and Africa.  On the top of cocaine another drug appeared. Called Paco or Pasta base, it is a mix of chemicals such as kerosene, sulfuric acid and others. This drug is sadly very affordable: 2 pesos (less than 0.12 centimes euros) the dose. Paco generates instant addiction.  Church in Argentina
Moreover these are not the only drugs which are affected the population. Formosa is a border region to Paraguay which makes this problem even more present in this province. Therefore the church has decided to set a program with the help of Pauline:  Equipa de Prevencion des Adicciones: EPA- Team for the Prevention of Addiction. The role of this team of volunteers is to support and help people and family concerned by addictions. Equally they do prevention for the local population.

The continuation of the Project

Pauline and Benoît are soon going back to France. This is not a reason for them to completely leave Form’Oser. First of all, they decided to continue the fund raising from France, that way they will be able to pay the wages of the 2 new volunteers. Indeed, they recruited with lot of care another couple to replace them on the ground. Niels and Clotilde arrival is highly anticipated in Formosa. Pauline and Benoit are preparing their arrival the best they can. They even planned to welcome them in Buenos Aires and to introduce them to all their friends in contacts in the capital!

 

Mieux comprendre l’Argentine

L’Argentine est un pays immense et un pays de contrastes. Même si je le savais en partant, j’ai été surprise par bien des choses. Et après quelques chocs culturels j’ai eu besoin de m’instruire.

Il se trouve qu’avant de venir tous les Argentins que je connaissais étaient Porteno ou Portena (habitants de Buenos Aires). Ils parlent toujours de l’Argentine de façon positive car ils sont très fiers de leur pays. Alors il a fallut que j’ajuste l’image de l’Argentine que j’avais à la réalité. Par exemple je savais que la politique était très corrompu. MAIS alors que le monde entier s’indignait sur les papiers de Panama, comment comprendre qu’une partie de la population acclamait Cristina Kirchner venue à Buenos Aires pour être paraître devant la justice suite à des détournements de fond?

Ou encore, comme mes amis parlent plutôt fort, s’expriment de façon très claire et qu’ils ont toujours quelque chose à raconter, c’était devenu claire pour moi que tous les Argentins s’expriment ainsi.  Alors quelle ne fût pas ma surprise de constater que les habitants de Formosa parlent peu et plutôt bas.

Bref, après trois semaines de mini-choc culturels et d’incompréhension notoire de ce pays j’ai eu recours à la littérature. J’ai dévoré un livre brilliant écrit par le journaliste Ludovic Lamant qui traite aussi bien de l’histoire du pays que de sa politique, de sa société, que de sa culture. Et puis pour tout ce qui restera un mystère pour moi et bien j’ai compris: il y a Mafalda, Ché!

Mafalda c’est le personnage principale de la BD de Quino, une petite fille Argentine qui s’exprime et pense comme une adulte. Elle s’interroge sur le monde, la guerre, la paix, la politique, l’immigration et la soupe, toujours avec beaucoup de subtilité et d’humour.

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