Du haut de la montagne- Contacter l’essentiel

Partir là-haut, c’était aller découvrir le Vercors au pied duquel j’ai passé plusieurs semaines cette année. C’était aussi retrouver des sensations du chemin et recontacter l’essentiel, mon essentiel, avant de me lancer dans une nouvelle aventure professionnelle. 

 

Pour cela rien de mieux qu’une immersion dans la nature, aucune connexion de nature téléphonique ou informatique;  juste mon sac à dos. CIMG4035
Durant le premier jour je m’étonne de mon rythme: « Pourquoi est-ce que je marche si vite? Et pourquoi lorsque je suis en train de faire une chose, mon esprit est déjà en train d’anticiper l’action d’après? » Comme si il était important que je fasse preuve d’efficacité.  Le souvenir de la marcheuse au long cours que j’étais devenue après plusieurs mois sur le chemin de Compostelle est bien différent de celle que je suis maintenant. J’étais très calme, centrée et reliée à l’instant présent. Si ma capacité à anticiper était très peu utilisée, celle de l’attention à mon environnement, aux personnes et aux opportunités qui se présentaient à moi en était décuplée. Alors je prends conscience au grès de mes pas de ma tendance à l’efficacité, parfois au détriment de la qualité. Elle me vient tout droit de notre société mais je doute de ses bénéfices lorsque que je suis prise dans un tourbillon d’activités qui s’enchaînent non-stop au nom de ce principe sacré d’efficacité. Alors, l’envie naît en moi de prendre un peu plus mon temps pour faire les choses quand je serais de retour.

 

Pour la modernité, c’est bien le temps, surtout depuis qu’il est indexé sur l’argent. Par conséquent, il ne doit pas être perdu mais toujours gagné, ce qui a instauré la frénésie comme mode d’existence collective. 

Pierre Rabhi

   Ma lecture aussi me fait méditer. Cette fois-ci j’ai embarqué dans mon sac le livre de Pierre Rabhi: Vers la sobriété heureuse. C’est que ce grand philosophe-paysan, n’y va pas de main morte pour critiquer notre société !  J’admire ses belles expressions qui résonnent et prennent sens au fil de ces jours dans la nature. J’en relève certaines que j’affectionne particulièrement et je photographie quelques phrases qui me font penser et rêver.

« Règne de l’immodération »

« Mais il est aussi « Inter-pas-net » du tout »

« Le cheminement est devenu engagement et initiation, au cœur  du grand mystère… »

P.R

 

IMG_3654

Et finalement le retour à  l’essentiel prend tout son sens lorsqu’un fois arrivée au refuge, il me faut prendre ma poche d’eau et ma « petite-bouteille-de-sécurité » pour marcher encore vingt minutes jusqu’à la source. Ici, l’eau est précieuse: elle ne coule qu’en mince filet et il faut bien 20 minutes pour en recueillir 2 litres. Pas question de m’asperger avec, malgré les kilomètres parcourus et la chaleur. Je me lave à la lingette et la seule portion de mon corps sur laquelle je m’autorise à verser un peu d’eau ce sont mes pieds car ils m’ont portée toute la journée!

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Chemin de la source de Baume Rousse

Etre dans la nature,prendre le temps de faire, ne transporter que l’indispensable et prendre soin des ressources limitées qui sont à ma disposition. C’est dans ces conditions qu’il m’est plus facile de me connecter à mon essentiel.

 

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