Le mot de la Fin

Il m’aura fallut du temps pour poser ces quelques mots. Les deux pieds déjà bien ancrés dans ma nouvelle vie, je sens que c’est le moment. Le moment de clôturer pour de vrai ce blog, afin qu’il reste celui d’une année extraordinaire ; le blog d’un grand virage à 90° dans ma petite vie bien rodée.

Partie d’un endroit où je me sentais complètement décalée pour aller doucement et surement réaligner ma vie. J’ai osé ce que beaucoup de gens qualifient « d’osé, de risqué »: tout quitter pour l’inconnu. C’est vrai ça demande beaucoup de courage. Mais quand l’énergie est présente pour le faire, c’est un signe assez fort pour s’autoriser à s’écouter.

« Si tu es si brillante à faire un travail que tu n’aimes pas, alors comment réussirais-tu dans un travail que tu aimes? »   Tama J.Kieves   This Time I dance

J’ai vécu une année fantastique, avec de grandes joies et aussi des moments plus difficiles. Je n’aurais jamais imaginé que cette décision me demanderai autant de travaille sur moi-même. Egalement, je n’aurais jamais imaginé que j’en apprendrais tant sur moi-même! Et ça valait la peine, maintenant j’ai quelques clés qui me permettent d’avancer pas plus vite, mais plus vraie.

« Quand tu te sens au point le plus sombre, n’oublies pas que l’obscurité est entourée de beaucoup de lumière.  » G.U

Je ressens une gratitude immense envers tous les gens qui ont croisé ma route cette année. Ceux qui m’ont ouvert leur porte, qui m’ont hébergée, nourrie et accueillie comme j’étais; là où j’en étais. Il y a eu des rires, il y a eu des larmes. Et au final, il ne me reste que cet Amour avec un grand A. Et ce merci qui me vient du fond du cœur et que j’écris ici bien gros car j’ai envie de le crier ou de le chanter: M E R C I.

Il y a un groupe d’ami.e.s que j’aimerai remercier tout particulièrement. Ils et elles ne se connaissent pas nécessairement, mais à la vieille de prendre cette grande décision de sauter vers l’inconnu, je leurs avais demandé un.e.s à un.e.s « S‘il te plait, est ce que tu acceptes de me soutenir durant cette année?« . Bien sûr que je savais qu’ils et elles accepteraient! Seulement, de l’avoir dit et d’avoir entendu ce OUI, m’a permis de me libérer peu à peu de ma peur de l’inconnu et de me rassurer: « Je peux compter sur cette équipe d’ami.e.s pour le moindre souci« . Inconsciemment c’est tellement puissant! Alors un   I M M E N S E  M E R C I  à vous ma « Support team », vous avez fait un boulot génial! Merci pour vos petits messages réguliers, vos cartes, vos mail, les heures sur skype, votre accueil et votre bienveillance. Chancun.e.s à votre manière vous avez été présent.e.s et vous avez contribué à la réussite de cette année.

coeur-pieds

Ces dernières semaines, alors que je débute une nouvelle tranche de vie j’ai réalisé que je n’avais pas terminé de chercher ma voie, de préciser mon projet, de me former. Je vais continuer d’avancer à mon rythme et d’expérimenter afin de me dessiner une vie heureuse.

« Soit patient envers tout ce qui n’est pas résolu dans ton coeur et essais d’aimer les questions elle-mêmes. » Rainer Maria Rilke

Alors bien évidement, je vais continuer à utiliser ma plume, mon appareil photo, mes pieds, mes cinq sens, ma sensibilité et mon esprit d’analyse.

Voici les différents blogs où vous pourrez continuer de me lire:

Merci de m’avoir suivie dans mon aventure.

 

The last word for the end

It took me some time to write this few words. The two feet already anchored in my new life, it is time to officially end this blog. I want it to remain the blog of an extraordinary year; the blog of a big 90°  turn in my life. 

 Gone from a place I was feeling completely  misplaced to slowly go toward a life more aligned with who I really am. I did what many people are qualifying  of « daring, risky »: I left my job for the unknown. It is true it requires some guts. Also when the energy to do so is present, it is a sign strong enough to authorize ourselves to listen to it.

« If your’re this successful doing work you don’t love, what could you do with work you do love? «   Tama J.Kieves   This Time I dance

I had a fantastic year, with deep joy and some more difficult moments. I would have never imagine that this decision would require so much work on myself. Equally, I would have never imagine I would learn so much about myself! It is worth it, now I own few keys which allow me to progress not faster, but truer and better.

« When you fill at the darkest point, remember the darkness is surrounded by lot of light. » G.U

I feel a profound gratitude toward all the people who crossed my path this year. The ones who open their door to me, who hosted, fed and welcome me as I was; where I was. It has been some laugh, it has been some tears. At the end, it remains Love with a capital L. And this « thank you  » which comes from the deepest place in my heart and that I write in big because I feel like screaming it or singing it: T H A N K    Y O U.

There is another groupe of friends I would like to particularly thank. They don’t necessary know each other, but the day before I jumped into the unknown I asked each of them individually « Please, would you accept to support me during this special year ». Of course I knew they would accept! However, by asking out load for it and hearing this YES, I liberated myself from my fear of unknown. I felt reassured: « I can account on this team of friend in any kind of situation. » Unconsciously it is so powerful! So…a H U G E  T H A N K   Y O U to you my « support team », you did a great job!  Thank you for you regular messages, your cards, your emails, the conversations on skype, your hospitality and your kindness. Each of you, with your own style, has been present and has contributed to the success of this year.

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These last weeks, while I am starting a new phase of life I realised that I haven’t finished to look for my way, to refine my project, to learn. I will continue to move forward at my own rhythm and  explore, in order to live a happy life.

« Be patient toward all that is unsolved in your heart and try to love the questions themselves. » Rainer Maria Rilke

And naturally, I will continue to use my pen, my camera, my feet, my 5 senses, my sensibility and my analytical skills.

Here are the different blogs where you can continue to read me:

  • FLOT d’INSPIRATION my new blog, my space of freedom to share the words which come.
  • The blog  Place to B, for articles about ecology and citizenship (sorry I wrote only in French so far).
  • The blog and the newspaper Tout Va Bien (Everything Is Okay), where I am volunteer journalist
  • And I hope in some other newspapers soon!

Thank you for following me in my adventure.

 

 

Dans l’Argentine Andine

   Je marche en tête du groupe. Nous faisons une rando dans les Andes. Nous sommes 4 français : 3 gars rencontrés à l’auberge de jeunesse et moi. Lors de notre ballade du matin une dame nous a indiqué ce chemin qui monte le long des  crêtes.

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La terre est rouge et verte suivant les strates et surtout elle est extrêmement friable. De loin les crêtes ressemblent à de la dentelle. De temps à autre je m’arrête pour attendre les gars qui filment, prennent des photos et blaguent. Au début de la crête Vincent passe devant moi, il y a un petit peu de vent, je ne me sens pas très rassurée mais je le suis. Tout le monde parle beaucoup, je ne me sens pas rassurée du tout. On fait une petit pause, quelqu’un demande « Ca va ? », mes jambes tremblent toutes seules. Je leur dis que je ne le sens pas trop. De fait je me sens très grande…trop grande, comme à des kilomètre de la terre que je foule avec mes pieds. J’ai l’impression que si une rafale de vent me déséquilibre il me faudra tellement de temps pour mettre les mains au sol et me stabiliser que j’aurais déjà dégringolé en bas de la crête. Je dis « Je sais que c’est dans la tête mais… » Quelqu’un me coupe « Ce n’est pas grave vas-y avec les mains aussi. A quatre pattes, c’est pas grave, allez on continue ! ».

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Alors je m’aide de mes mains et j’essaie de ne pas trop penser aux risques que j’encoure. Au milieu de la crête il y a une grosse pierre. Je m’y assois et pendant un moment j’écoute le bavardage de mes compagnons de marche. Et puis finalement je me concentre : je suis déterminée à terminer cette crête sur mes deux jambes. J’étudie le terrain longuement comme pour apprivoiser la pente de droite, puis la pente de gauche. Puis je focalise mon regard sur le petit chemin juste assez large pour un pied. Je me redresse et je progresse hyper concentrée. Un pas après l’autre. Et je progresse lentement jusqu’au bout de la crête. C’est comme si je faisais mes premiers pas à nouveau. Je me sens déterminée, concentrée, un peu plus fière à chaque pas et puis après c’est comme une libération.  Je me suis dépassée, j’ai affronté ma peur et je l’ai vaincue. A tel point que j’ai presque envie de repasser par le même endroit au retour, juste pour savourer le fait que je suis capable de le faire !

Je n’avais pas ressenti une telle sensation de dépassement de moins-même depuis longtemps et cette expérience me plait. Ça me donne le goût du risque et du succès. Et ce qui reste profondément ancré en moi de cette expérience c’est que pour réussir il est impératif de me concentrer sur mon propre chemin…seulement sur mon chemin.

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In Andean Argentina

I am walking ahead of the group. We are hiking in the Andes. We are 4 french: 3 guys I met at the hostel and myself. This moring a lady told us about this trail which goes up the crest.

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The earth is green and red, depending on the stratum and above all it is extremely crumbly. From far away the crest appears as fine and fragile as  lace. From time to time I stop and wait for the rest of the group who films, takes pictures and jokes. At the beginning of the crest Vincent opens the way, there is a bit of wind, I don’t feel reassured, but I follow. Everyone speaks a lot, I don’t feel confortable at all. We do a small break, someone asks « Everyone’s ok? », my legs are shaking. I answer that I am not. Indeed I feel suddenly so tall…too tall, as if I was miles above the ground that I am treading upon. I have the impression that if a gust of wind makes me loose my equilibrium, my hands would need so much time to reach the ground and stabilise that I would have most probably tumble down the mountain already. I say « I know it is in my head but… » Someone cuts me « It doesn’t matter, use your hands too! On all fours, let’s go ! ».

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So I do: I use my hands to help myself and try to not think  about the risks I am exposing myself to. On the middle of the way there is a big stone. I sit there and for a moment listen to my companions. And finally I  gather my thoughts: I am determine to finish this crest on my 2 legs. I study the ground as if I was  taming the slope on the right, and the slope on the left. Then I focalise my gaze on the little track, just wide enough for one foot. I straighten up and I progress completely focused. One step after the other. I walk slowly, up to the end of the crest. It feels like I am doing my first steps again. I feel determined, focused, bit prouder at each one of my steps and then it feels like a liberation. I surpassed myself! I fight my fear and I won. To the point that I am tempted to go back by the same way, just to savoure the fact that I -can -do- it!

I haven’t felt such a sensation of surpassing myself since a long time and I like it. It gives me the taste of risks and success. And what actually remains deeply anchored in me from the experience is this learning: to success it is imperative to focus on my way…only on my way.

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Entrevue avec Anne-Sophie Novel

          Blogueuse et journaliste, Anne-Sophie Novel est  à l’origine du projet Place to B. Lors de la COP 15, elle était à Copenhague et avait beaucoup apprécié de pouvoir travailler et rencontrer les autres blogueurs dans un café réservé à cet effet. Lorsqu’elle a découvert que la COP21 serait à Paris, elle a émis l’idée de trouver un endroit similaire. Depuis l’idée a germé, grandi et vit bien au-delà de ce qu’Anne-Sophie avait initialement imaginé. Elle a accepté de répondre à mes questions lors du petit-déjeuner de vendredi dernier. Merci de ta disponibilité Anne-Sophie!

Portrait Anne-Sophie

   cc Marine Leduc

Anne-Sophie, la première aventure Place to B touche à sa fin. Quelles sont tes impressions ?

Il y a plusieurs choses, avec Place to B on s’est surtout fixé l’ambition de créer quelque chose de positif, un écrin pour que les gens se sentent bien, et qu’ils comprennent que  Place to B s’inscrit dans un esprit constructif. Le but étant de créer véritablement une nouvelle façon d’aborder le sujet du changement climatique et de s’ouvrir au public. Place to B est un endroit où les gens se retrouvent autour de convictions, pour essayer de se dire comment  mieux les partager. Et je pense que c’est réussi, nous  avons atteint notre ambition. D’autre part, je trouve que l’on a une équipe qui s’est révélée. Que ce soit au niveau de l’équipe qui travaille sur le projet depuis des mois et puis aussi des bénévoles. Je suis heureuse de voir comment chacun a trouvé sa place et rendu cette aventure possible. C’est une aventure humaine avant tout et je suis vraiment très heureuse à ce niveau-là.

Quelle est la prochaine étape de Place to B ? As-tu déjà une vision ?

      Après ce que l’on vient de vivre, je crois que chacun va décompenser et ce sera étrange la semaine prochaine ne plus avoir d’événements à organiser. Mais on va avoir tellement de contenu à travailler que l’on sait que l’on est qu’au début de quelque chose. Ce matin nous allons nous réunir et avoir une réflexion sur le futur de Place to B. Je ne sais pas encore comment cela va se concrétiser. Cela dit il y a déjà plusieurs pistes qui se dessinent: il y a l’idée de faire un we- doc et d’utiliser tout notre contenu radio, vidéo et photo à l’image de ce qui a été vécu et créé ces dernières semaines, afin d’expliquer ce qui s’est passé ici. Il y a aussi l’idée de faire une campagne de financement participatif afin de financer certains des projets nés dans la Creative Factory. Il y a la possibilité de créer un réseau international de gens qui désirent prolonger cet effort dans le temps. Certains nous voient comme un événement collectif qui pourrait se répliquer à d’autres occasions. C’est un concept qui a séduit beaucoup de monde, le fait de réunir des gens variés dans un endroit sympa et ouvert. Il reste donc à savoir si nous voulons faire ça à chaque COP ou à l’occasion de d’autres événements aussi. On va déjà écouter la communauté, et voir les idées qui émergent. Et on va se donner le temps de bien réfléchir aux choses, car on ne pourra pas tout faire. On décidera à la majorité.

Aujourd’hui le thème de Place to B est B-Long, une réflexion sur le temps. Tu as commencé récemment une série d’interviews sur ce thème. Quelle est ta vision du temps ?

J’ai eu cette idée d’interviews sur le temps en Septembre 2014, c’est-à-dire au moment où le Projet Place to B prenait de plus en plus de place dans ma vie. Je me demandais comment les autres faisaient pour gérer leur temps, parce que ça demande beaucoup de discipline en tant que freelance de  gérer les interviews pour mon activité de journaliste, les conférences et ce projet en même temps. J’avais envie de savoir comment les autres se débrouillaient. Mon idée c’était un peu l’équivalent du porte monnaie dans Rue 89 appliqué à un agenda. J’ai donc proposé mon idée au Monde et l’idée leur a plu. Je n’ai pas fait exactement ce que je voulais, car je prévoyais de poser des questions récurrentes, que chacun puisse faire l’exercice. Mais finalement, la série remporte un joli succès, elle a été arrêtée en Juin, et puis, a repris pour cette fin d’année. Il y a donc une interview qui va être publiée aujourd’hui, et une qui sera publiée la semaine prochaine. Par la suite, j’aimerais bien interviewer Sylvain Tesson, mais pour l’instant, il ne veut pas répondre.

Et est-ce que ces interviews t’ont ouvert de nouveaux horizons ? As-tu changé ta façon de gérer ton temps ?

Je me suis prise comme propre cobaye, car j’ai toujours un emploi du temps super chargé. J’avais interrogé un coach en gestion du temps qui m’a aidée. Je me suis moi-même faite coacher, c’est assez intéressant de comprendre mon rapport à la gestion d’e-mails et à un certain nombre de choses. Je progresse, j’ai appris à dire non, à mettre des priorités. Par exemple, j’essaie d’avoir accompli quelque chose avant 10h00 du matin, afin d’avoir le sentiment de ne pas être en train de perdre ma journée. C’est pleins de petites astuces comme celle-ci, qui font que je peux mieux m’organiser, et ainsi apprécier le moment. Ce qui est intéressant, c’est qu’il y a une variété d’approches du temps parmi toutes les personnes que j’ai été voir. Tout le monde n’en parle pas de la même manière.

Et pourquoi avoir choisi ce thème aujourd’hui ?

Car nous sommes dans l’urgence, les dirigeants sont dans l’urgence de trouver un accord. C’est un temps d’action puisque l’on essaie de trouver des accords pour 2020. Et la distance qu’il y a entre maintenant et 2020 ne nous donne pas nécessairement le sentiment qu’il y a urgence à agir. Nous ne savons pas toujours comment saisir tout cela, ce sont donc ces questions que nous allons aborder ce matin.

 Un joli moment 

  
Ce matin je suis partie tôt et j’ai déjà marché plusieurs heures. Ma poche d’eau est vide, j’ai besoin de la remplir. J’arrive dans un hameau, face au chemin dans la cour d’une ferme se trouve une table couverte de fruits. C’est un Donativo pour pèlerins. Je rentre dans la cour, sors la poche à eau de mon sac et m’approche du robinet. À ce moment là, un des propriétaires surgit et vient m’aider. Il est accueillant, son nom est Simon et après les présentations nous avons une discussion à propos de chemin en France, de ses chats et de son projet de Donativo. Il m’offre du pain aux bananes que je mange avec plaisir. Puis je sens sur je commence à me refroidir et je lui dis qu’il est temps pour moi de reprendre la route.
 Il ouvre ses bras pour me donner une accolade tout en me disant « Je te souhaite une bonne vie, donne beaucoup d’amour sur le chemin et après ». Je sourie dans ses bras et lui répond « Merci, je le ferais ! »et là à ma grande surprise il continue de me serrer dans ses bras. Intérieurement je me dis alors « Hé toi ! Qu’est ce que tu fais, on est pas amis ! », et puis deux secondes après : »Hum, que c’est agréable. Je resterai bien là plus longtemps ! ». 
Finalement ce long câlin d’adieu se termine. Je pars le sourire aux lèvres. Une fois la porte passée, je ne peux m’empêcher de rire. Je ris de moi, je ris de cette situation. Dans l’heure qui suit, le sourire ne quittera pas mes lèvres. Et je suis envahie par une envie de serrer dans mes bras tous les gens que j’aime. 

Live, Love and Laugh!                    (Vis, Aimes et Ris!)

  

A Feel Good moment 

It is my second day in Galicia. This morning I started early and I am now running out of water. As I arrive in a small village, in the courtyard of a farm there is a colourful table full of fruits, biscuits and juices. It is a donativo for the pilgrims. 

  
I enter, take my water bag out of my bag and go to the tap. At this moment, one of the owner appears and comes to help me. He is warm and welcoming, his name is Simon and after introducing each other we have a nice conversation about the French part of the camino, his cats and his donativo project. He offers me some banana bread, which I happily taste. 
I start to feel cold, and tell him that it is time for me to walk again. He opens his arms to hug me and tells me: « Have a good life, give lot of love on the camino and after ». I smile in his arms and answer « Thank you, I will, I will ». And then, to my surprise he continues to hug me. My inner voice goes  » Hey you! We are not friends, what are you doing ?! » and 2 seconds later « Hum that feels very good, actually I could stay there! ». Finally this hug ends. I leave with a big smile on my face, I pass the door and laugh. I laugh at myself, and I laugh at this funny episode. For the next hour, I keep smiling and smilling. Inside, I fell invaded by the urge of hugging all the ones I love. 
Live, Love and Laugh! 

  

The Young-woman-with-fire-in-her-hair and the Tall-man-with-bright-eyes

  The 40th day, the Young-woman-with-fire-in-her-hair met a the Tall-man-with-bright-eyes. 
The Tall-man-with-bright-eyes wanted to cook for her and other pilgrims, so she offered to help with the food shopping . As they were walking in the old town through the empty streets, the Young-woman-with-fire-in-her-hair asked:

-« So, Tall-man-with-bright-eyes. Are you enjoying the way?

-No, I hate it ! 

-Why do you hate it?

-It is the travel you see, I hate travelling.

-What exactly is bothering you?

-I don’t like the walking part and there are so many people in the dormitory, I can’t sleep properly. The only part I enjoy is cooking for others and sharing the meal in the evening.

-And why are you doing the camino ?

-For the challenge, to get out my comfort zone. »

The Young-woman-with-fire-in-her-hair was very surprised. It was the first time since she started the camino that she was meeting someone who doesn’t enjoy the experience. That evening she told me: « You see, even when I went to the shop with him I had the feeling he wanted to be on his own. And again in the kitchen. He looked stressed by the noise and the crowd. But why is he doing the camino if he hates walking ? This seems so strange to me! » I didn’t have the answer to her question, so I remained in silence.

  
On the 41st day the Young-woman-with-fire-in-her-hair started to walk as the sun was rising. She noticed the Tall-man-with-bright-eyes walking ahead of her. She didn’t try to catch up with him. She knows how special is this time of the day. Instead, she did a detour, went up the hill and once in the middle of the vineyard she stopped to contemplate the first lights of the day. She filled herself with all this light and all the colours of the sky and the sun, and then, she went on. 

An hour later, the Young-woman-with-fire-in-her-hair reached a new village. Despite all the sun energy she absorbed, her hands were frizzing and she decided to stop in the first bar on her way. She entered and ordered a big cup of tea. The Tall-man-with-bright-eyes was sitting there, enjoying his coffe. He smiled at her, and she decided to join him. As she was sitting down opposite to him, the tall-man-with-bright-eyes started the conversation:

-« Good morning, this sunrise was beautiful isn’t it? 

-Good morning! Yes, it was! Also, it is frizzing this morning. 

-Tell me Young-woman-with-fire-in-her-hair, why did you start your way from so far away? Why walking for so long? 

-You see, to me this journey is a process. There is so many things I need to learn, and to experience. I need time for it. The Young-woman-with-fire-in-her-hair smiled. I started from so far away, because it was closed to my grand ma house and it was meaningful to me to start there. And when I decided to go to Santiago I had theses objectives: I wanted to meet and share with people, I wanted to get inspired and learn. And walking everyday is great for me, I love hiking and being in the nature. 

The Tall-man-with-bright-eyes smiled back. 

-You express very well yourself when it comes to talk about how you feel and what you want. 

-Thank you, I am learning because I realised it is so important in life.  »

Other pilgrims were arriving and greeting the young woman and the tall man. A Smart-Asian-boy left his bag next to the Tall-man-with-bright-eyes, who reached for his wallet. He took out few coins and discretely slipped it into the boy’s bag.

-« You are very generous, said the Young-woman-with-fire-in-her-hair. I admire your generosity, I know how important it is, but I find difficult to be generous with my money.

-I have too much of it, I prefer to give it and it will make him happy because he will feel lucky and will probably want to share his luck with someone else. 

-Yes that is true, I know it is a positive circle and still I know I need to learn more about generosity. 

-Before I left for the camino, I emptied my house, I gave away lot of things. I had so much stuff I didn’t need! I also had too much projects, so I narrowed down to 3 projects and I can’t start a new one before finishing theses ones.

-What are your projects about? » asked the Young-woman-with-fire-in-the-hair

And the Tall-man-with-bright-eyes started to talk about his projects. He looked now totally relaxed and happy. He was smiling, and he was doing gestures with his hands. The Young-woman-with-fire-in-the-hair could see and feel his passion for working with his hands. 

The conversation went on as they went out the bar. They walked for an hour and the Young-woman-with-fire-in-the-hair asked again:

-« Why do you hate being here? 

-I hate it because of the journey, because I don’t enjoy walking on this track and because I can’t really sleep at night. And if I decide to stay one day in one place to get some rest, then I know I will loose track with all my new friends. This is difficult. 

-Yes, it is true. That is difficult for me too. Also, it is part of the camino: we don’t choose who we meet and who we walk with, it just happens. And you can always ask for the contact details of your new friends. »

The silence was the first answer of the Tall-man-with-bright-eyes. But after a while he said « Also, I don’t have so many friends here… » . The Young-woman-with-fire-in-her-hair didn’t understand what he really meant and continued walking. Few minutes later, the Tall-man-with-bright-eyes stopped and said to the young woman that he was taking a break and she should continue walking. 

That evening the Young-woman-with-fire-in-her-hair and the Tall-man-with-bright-eyes stayed at the same place. It was spacious, new, comfortable, with a great kitchen but the Tall-man-with-bright-eyes looked so tired and tensed that the Young-woman-with-her-hair didn’t try to talked to him. 

  
The morning if the 42nd day she left very early and she walked a long distance. She arrived to the next destination early and had some time on her own before the other pilgrims arrived. When they came, she made some tea for them and they all sat in the garden. The Friendly-girl-with-short-hair asked the Young-woman-with-fire-in-her-hair:

-« Do you know the Tall-man-with-bright-eyes?

-Yes, I do. I walked a bit with him yesterday.

-He left the camino today. I don’t really know why but I know he couldn’t sleep well and looked tired.

-Really? So he left… »

The Young-woman-with-fire-in-her-hair was surprised but also happy for him. That evening she wrote him a note:
« Hello Tall-man-with-bright-eyes, I heard from Friendly-girl-with-short-hair that you decided to leave the camino. I was a bit sad to realise there won’t be any other nice conversation as the one we had at the café, also I was mainly happy for you. Life is too short to inflict Hello Tall-man-with-bright-eyes, I heard from Friendly-girl-with-short-hair that you decided to leave the camino. I was a bit sad to realise there won’t be any other nice conversation as the one we had at the café, also I was mainly happy for you. Life is too short to inflict ourself to do things we hate doing. So congratulation on your decision!

I could have told you the other day at the bar and I want to write it now: since I am on the camino I realised that my biggest challenge in life is to be really kind and truly happy with myself. So I can let my happiness shine for others and experience and share more Love. This is what I am now learning to do on my way. 
Life is a camino, therefore I wish you buen buen camino Tall-man-with-bright-eyes!


Young-woman-with-fire-in-her-hair « 



That evening, the Young-woman-with-fire-in-her-hair sat outside to look at the stars. And I spent a long time contemplating the fire of joy burning in her hair. 

  

La Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu et le Grand-homme-aux-yeux-clairs

        
Le quarantième jour la Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu rencontra sur le chemin le Grand-homme-aux-yeux-clairs. 
Le Grand-homme-aux-yeux-clairs voulait cuisiner le dîner pour elle et les autres pèlerins. Elle proposa donc de l’aider à faire les courses. Alors qu’ils marchaient dans les rues désertes de la vieille ville la Jeune-Femme-aux-cheveux-de-feu demanda:

-« Alors Grand-homme-aux-yeux-clairs, comment se passe ton chemin ? Est ce que tu apprécies?  

-Non, je déteste ça! 

-Pourquoi détestes-tu le chemin? 

-C’est le voyage, vois-tu. Je déteste voyager. 

-Mais qu’est ce qui te dérange exactement ?

-Je n’apprécie pas la marche et il y a tant de gens que dans le dortoir que je ne peux pas trouver le sommeil le soir. La seule chose qui me plait c’est de cuisiner pour les autres et partager le dîner avec eux autours de la table. 

-Mais alors, pourquoi fais-tu le camino? 

-Pour le challenge, pour sortir de ma zone de confort. »

La Jeune-Femme-aux-cheveux-de-feu était très surprise. C’était la première fois depuis qu’elle avait commencé son chemin qu’elle rencontrait quelqu’un qui n’appréciait pas l’expérience. Le soir elle me confia « Tu vois, même lorsque je marchais avec lui en direction du magasin, il me donnait l’impression de vouloir être seul, et aussi dans la cuisine. Il avait l’air stressé par le bruit et les gens. Mais pourquoi fait-il le camino si il déteste marcher? Cela me semble tellement étrange. » Je n’avais pas la réponse à sa question alors je restais en silence. 

  
Le 41eme jour, le Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu commença à marcher au point du jour. Elle remarqua le Grand-homme-aux-yeux-clairs devant elle. Elle n’essaya pas de le rattraper, elle sait à quel point ce moment de la journée est spécial . À la place, elle fit un détour, monta en haut de la colline et une fois du milieu des vignes elle s’arrêta pour contempler les premières lueurs du jour. Elle se remplie de toutes les lumières et couleurs du ciel et du soleil, puis elle continua sa route.

Une heure plus tard, la Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu arriva au village suivant. Malgré toute l’énergie du soleil absorbée, ses mains étaient gelées. Elle décida donc de s’arrêter dans le premier bar venu. Elle entra et commanda une grande tasse de thé. Le Grand-homme-aux-yeux-clairs était assis à une table, savourant son café chaud. Il lui sourit, et elle décida de se joindre à lui. Alors qu’elle s’asseyait en face de lui, le Grand-homme-aux-yeux-clairs engagea la conversation:

-« Bonjour, ce levé de soleil était très beau n’est ce pas? 

-Bonjour! Oui c’était magnifique! Aussi il fait très froid ce matin.

-Dis moi Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu, pourquoi as-tu commencé le chemin si loin? Pourquoi marcher si longtemps? 

-Pour moi ce voyage est un apprentissage. Il y a tellement de choses que j’ai besoin d’apprendre ou d’essayer. Il faut s’autoriser du temps pour ça. La Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu souri. J’ai commencé le chemin de si loin car c’était proche de la maison de ma grand-mère et cela a beaucoup de sens pour moi. Et puis j’ai décidé d’aller à Santiago avec les objectifs suivants: je voulais rencontrer et partager avec les gens, je voulais trouver de l’inspiration et apprendre. Et puis, marcher tous les jours est une bonne activité pour moi, j’adore randonner et être dans la nature. 

Le Grand-Homme-aux-yeux-clairs lui rendu son sourire. 

-Tu exprime très bien ce que tu ressens et ce que tu veux . 

-Merci, j’apprends car j’ai réalisé sur c’était si important dans la vie. »

D’autres pèlerins commençaient à arriver et saluaient la jeune femme et le grand homme. Un Intelligent-garçon-asiatique posa son sac à côté du Grand-homme-aux-yeux-clairs, celui-ci sorti son portefeuille, y prit quelques pièces de monnaie et les glissa discrètement dans le sac du garçon. 

-« Tu es très généreux, dit la Jeune-Femme-aux-cheveux-de-feu. J’admire ta générosité, je sais que c’est important mais je trouve difficile d’être généreuse avec mon argent. 

-J’en ai bien trop, je préfère je donner. Quand le garçon trouvera ces pièces il se sentira heureux, il pensera qu’il a de la chance et alors peut être il voudra partager sa chance avec quelqu’un d’autre. 

-Oui c’est ça, c’est un cercle vertueux et je sais que j’ai besoin d’apprendre plus à propos de la générosité. 

-Avant que je parte pour le chemin de Compostelle, j’ai vidé ma maison, j’ai donné beaucoup de choses. J’avais beaucoup trop d’objets dont je n’avais pas réellement besoin! J’avais trop de projets aussi, alors j’en ai sélectionné trois et je ne m’autoriserai à en commencer un autre que lorsque l’un des trois sera terminé. 

-Quels sont tes projets?  » demanda la Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu.

Et le Grand-homme-aux-yeux-clairs commença à expliquer ses projets. Il semblait à présent totalement détendu et heureux. Il souriait et ses mains mimaient ses paroles. La Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu pouvait voir et sentir la passion qu’il avait pour le travail manuel.  

Ils poursuivirent leur conversation tout en sortant du bar. Ils marchèrent ensemble pendant une heure et la Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu demanda encore: 
« -Pourquoi est ce que tu détestes être ici ?

-Je déteste être sur le chemin à cause du voyage, je n’aime pas marcher sur ce chemin et je ne peux pas vraiment dormir la nuit. Et puis, si je décide de rester une journée au même endroit pour me reposer, alors je vais perdre la trace de tous mes nouveau amis. C’est difficile. 

-C’est certain. Pour moi aussi c’est difficile d’accepter de laisser partir devant ou de laisser derrière mes nouveaux amis. Mais cela fait parti du chemin: on ne choisi pas les gens que l’on rencontre et ceux avec qui l’on marche, c’est comme ça. Et puis, tu peux toujours demander les adresses de tes amis.  »

Le silence fut la première réponse du Grand-homme-aux-yeux-clairs. Puis après un certain temps il dit « En fait, je n’ai pas tant d’amis ici… ». La Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu ne compris pas vraiment ce que cette phrase signifiait et continua de marcher. Quelques minutes plus tard, le Grand-homme-aux-yeux-clairs s’arrêta, il dit à la jeune femme qu’il avait envi de faire une pause et qu’elle pouvait continuer à marcher.

Ce soir là, la Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu et le Grand-homme-aux-yeux-clairs était dans la même Auberge. C’était un gîte tout neuf, grand, confortable avec une belle cuisine équipée mais le Grand-homme-aux-yeux-clairs semblait si fatigué et tendu que la Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu n’essaya pas d’engager la conversation. 

  
Le matin du quarante-deuxième jour, elle s’en alla très tôt et marcha longtemps. Elle parvint à destination assez tôt et pris du temps pour se reposer avant l’arrivée des autres pèlerins. Lorsqu’ils commencèrent à arriver, elle prépara du thé et ils installèrent dans le jardin. La Fille-sympa-aux-cheveux-courts demanda à la Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu:

-« Est-ce-que tu connais le Grand-homme-aux-yeux-clairs? 

-Oui, je le connais. J’ai marché avec lui hier. 

-Il a quitté le chemin aujourd’hui. Je ne sais pas vraiment pourquoi mais une chose est sûre il ne pouvait pas bien dormir et il avait l’air fatigué.

-Vraiment? Alors il est parti… »

La Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu était surprise et aussi heureuse pour lui. Elle lui écrivit une note:

« Salut Grand-homme-aux-yeux-clairs, j’ai appris par la Fille-sympa-aux-cheveux-courts que tu avais décidé de quitter le chemin. J’étais un peu triste de réaliser qu’il n’y aurait pas d’autre belle conversation comme celle du café, mais avant tout je suis très heureuse pour toi. La vie est trop courte pour s’infliger de faire des choses que nous détestons faire. Félicitation pour ta décision!  

Tu sais au café j’aurai pu te raconter ceci: depuis que je suis sur le chemin, j’ai réalisé que mon plus grand défi dans ma vie c’est d’être vraiment bienveillante et heureuse avec moi-même. De façon à pouvoir faire rayonner mon bonheur et vivre et partager plus d’Amour avec les gens autour de moi. C’est ce que j’apprends maintenant à faire sur le chemin. 

La vie est un chemin alors je te souhaite un buen, buen camino Grand-homme-aux-yeux-clairs.

La Jeune-Femme-aux-cheveux-de-feu « 



Ce soir là, la Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu s’assit dehors et regarda les étoiles dans le ciel. Et moi, je contemplais longtemps le feu de joie qui brûlait dans ses cheveux. 
  

Lettre à mon sac à dos

  Mon Cher sac, toi qui a accompagné mes premiers camps scouts, toi qui a été de toutes les aventures, de tous les voyages et de toutes les randonnées, il est temps de se quitter. 

Et oui petit sac Décathlon Quechua, quelque part dans le monde tu as laissé tes 2 armatures en aluminium qui me font tant défaut depuis une semaine! Tes bretelles trop basses viennent réveiller une ancienne blessure de ski à l’épaule gauche. 

Mon amour pour toi m’a tout d’abord aveuglé: je suis si habituée à avoir mal au dos. Oui mais voilà mon sac chéri, cela me prends beaucoup d’énergie et mon humeur s’en ressent. Alors aujourd’hui à mi-chemin de Compostelle je suis aller choisir celui qui te remplacera . 

S’il te plait, ne m’en veut pas trop ! Tu me connais si bien, au fond tu sais que nous ne pouvions plus continuer comme ça ! 

Petit sac Décathlon Quechua, merci d’avoir contenu mes vêtements, mes carnets, ma nourritures, mes livres et cadeau souvenirs pendant toutes ces années . Tu vas (presque) me manquer !

Maïthé ( qui sort d’une séance de yoga et va maintenant se faire masser)