Le mot de la Fin

Il m’aura fallut du temps pour poser ces quelques mots. Les deux pieds déjà bien ancrés dans ma nouvelle vie, je sens que c’est le moment. Le moment de clôturer pour de vrai ce blog, afin qu’il reste celui d’une année extraordinaire ; le blog d’un grand virage à 90° dans ma petite vie bien rodée.

Partie d’un endroit où je me sentais complètement décalée pour aller doucement et surement réaligner ma vie. J’ai osé ce que beaucoup de gens qualifient « d’osé, de risqué »: tout quitter pour l’inconnu. C’est vrai ça demande beaucoup de courage. Mais quand l’énergie est présente pour le faire, c’est un signe assez fort pour s’autoriser à s’écouter.

« Si tu es si brillante à faire un travail que tu n’aimes pas, alors comment réussirais-tu dans un travail que tu aimes? »   Tama J.Kieves   This Time I dance

J’ai vécu une année fantastique, avec de grandes joies et aussi des moments plus difficiles. Je n’aurais jamais imaginé que cette décision me demanderai autant de travaille sur moi-même. Egalement, je n’aurais jamais imaginé que j’en apprendrais tant sur moi-même! Et ça valait la peine, maintenant j’ai quelques clés qui me permettent d’avancer pas plus vite, mais plus vraie.

« Quand tu te sens au point le plus sombre, n’oublies pas que l’obscurité est entourée de beaucoup de lumière.  » G.U

Je ressens une gratitude immense envers tous les gens qui ont croisé ma route cette année. Ceux qui m’ont ouvert leur porte, qui m’ont hébergée, nourrie et accueillie comme j’étais; là où j’en étais. Il y a eu des rires, il y a eu des larmes. Et au final, il ne me reste que cet Amour avec un grand A. Et ce merci qui me vient du fond du cœur et que j’écris ici bien gros car j’ai envie de le crier ou de le chanter: M E R C I.

Il y a un groupe d’ami.e.s que j’aimerai remercier tout particulièrement. Ils et elles ne se connaissent pas nécessairement, mais à la vieille de prendre cette grande décision de sauter vers l’inconnu, je leurs avais demandé un.e.s à un.e.s « S‘il te plait, est ce que tu acceptes de me soutenir durant cette année?« . Bien sûr que je savais qu’ils et elles accepteraient! Seulement, de l’avoir dit et d’avoir entendu ce OUI, m’a permis de me libérer peu à peu de ma peur de l’inconnu et de me rassurer: « Je peux compter sur cette équipe d’ami.e.s pour le moindre souci« . Inconsciemment c’est tellement puissant! Alors un   I M M E N S E  M E R C I  à vous ma « Support team », vous avez fait un boulot génial! Merci pour vos petits messages réguliers, vos cartes, vos mail, les heures sur skype, votre accueil et votre bienveillance. Chancun.e.s à votre manière vous avez été présent.e.s et vous avez contribué à la réussite de cette année.

coeur-pieds

Ces dernières semaines, alors que je débute une nouvelle tranche de vie j’ai réalisé que je n’avais pas terminé de chercher ma voie, de préciser mon projet, de me former. Je vais continuer d’avancer à mon rythme et d’expérimenter afin de me dessiner une vie heureuse.

« Soit patient envers tout ce qui n’est pas résolu dans ton coeur et essais d’aimer les questions elle-mêmes. » Rainer Maria Rilke

Alors bien évidement, je vais continuer à utiliser ma plume, mon appareil photo, mes pieds, mes cinq sens, ma sensibilité et mon esprit d’analyse.

Voici les différents blogs où vous pourrez continuer de me lire:

Merci de m’avoir suivie dans mon aventure.

 

Publicités

Dans l’Argentine Andine

   Je marche en tête du groupe. Nous faisons une rando dans les Andes. Nous sommes 4 français : 3 gars rencontrés à l’auberge de jeunesse et moi. Lors de notre ballade du matin une dame nous a indiqué ce chemin qui monte le long des  crêtes.

crete sat.jpg

La terre est rouge et verte suivant les strates et surtout elle est extrêmement friable. De loin les crêtes ressemblent à de la dentelle. De temps à autre je m’arrête pour attendre les gars qui filment, prennent des photos et blaguent. Au début de la crête Vincent passe devant moi, il y a un petit peu de vent, je ne me sens pas très rassurée mais je le suis. Tout le monde parle beaucoup, je ne me sens pas rassurée du tout. On fait une petit pause, quelqu’un demande « Ca va ? », mes jambes tremblent toutes seules. Je leur dis que je ne le sens pas trop. De fait je me sens très grande…trop grande, comme à des kilomètre de la terre que je foule avec mes pieds. J’ai l’impression que si une rafale de vent me déséquilibre il me faudra tellement de temps pour mettre les mains au sol et me stabiliser que j’aurais déjà dégringolé en bas de la crête. Je dis « Je sais que c’est dans la tête mais… » Quelqu’un me coupe « Ce n’est pas grave vas-y avec les mains aussi. A quatre pattes, c’est pas grave, allez on continue ! ».

CIMG3610.JPG

Alors je m’aide de mes mains et j’essaie de ne pas trop penser aux risques que j’encoure. Au milieu de la crête il y a une grosse pierre. Je m’y assois et pendant un moment j’écoute le bavardage de mes compagnons de marche. Et puis finalement je me concentre : je suis déterminée à terminer cette crête sur mes deux jambes. J’étudie le terrain longuement comme pour apprivoiser la pente de droite, puis la pente de gauche. Puis je focalise mon regard sur le petit chemin juste assez large pour un pied. Je me redresse et je progresse hyper concentrée. Un pas après l’autre. Et je progresse lentement jusqu’au bout de la crête. C’est comme si je faisais mes premiers pas à nouveau. Je me sens déterminée, concentrée, un peu plus fière à chaque pas et puis après c’est comme une libération.  Je me suis dépassée, j’ai affronté ma peur et je l’ai vaincue. A tel point que j’ai presque envie de repasser par le même endroit au retour, juste pour savourer le fait que je suis capable de le faire !

Je n’avais pas ressenti une telle sensation de dépassement de moins-même depuis longtemps et cette expérience me plait. Ça me donne le goût du risque et du succès. Et ce qui reste profondément ancré en moi de cette expérience c’est que pour réussir il est impératif de me concentrer sur mon propre chemin…seulement sur mon chemin.

CIMG3645.JPG

Entrevue avec Anne-Sophie Novel

          Blogueuse et journaliste, Anne-Sophie Novel est  à l’origine du projet Place to B. Lors de la COP 15, elle était à Copenhague et avait beaucoup apprécié de pouvoir travailler et rencontrer les autres blogueurs dans un café réservé à cet effet. Lorsqu’elle a découvert que la COP21 serait à Paris, elle a émis l’idée de trouver un endroit similaire. Depuis l’idée a germé, grandi et vit bien au-delà de ce qu’Anne-Sophie avait initialement imaginé. Elle a accepté de répondre à mes questions lors du petit-déjeuner de vendredi dernier. Merci de ta disponibilité Anne-Sophie!

Portrait Anne-Sophie

   cc Marine Leduc

Anne-Sophie, la première aventure Place to B touche à sa fin. Quelles sont tes impressions ?

Il y a plusieurs choses, avec Place to B on s’est surtout fixé l’ambition de créer quelque chose de positif, un écrin pour que les gens se sentent bien, et qu’ils comprennent que  Place to B s’inscrit dans un esprit constructif. Le but étant de créer véritablement une nouvelle façon d’aborder le sujet du changement climatique et de s’ouvrir au public. Place to B est un endroit où les gens se retrouvent autour de convictions, pour essayer de se dire comment  mieux les partager. Et je pense que c’est réussi, nous  avons atteint notre ambition. D’autre part, je trouve que l’on a une équipe qui s’est révélée. Que ce soit au niveau de l’équipe qui travaille sur le projet depuis des mois et puis aussi des bénévoles. Je suis heureuse de voir comment chacun a trouvé sa place et rendu cette aventure possible. C’est une aventure humaine avant tout et je suis vraiment très heureuse à ce niveau-là.

Quelle est la prochaine étape de Place to B ? As-tu déjà une vision ?

      Après ce que l’on vient de vivre, je crois que chacun va décompenser et ce sera étrange la semaine prochaine ne plus avoir d’événements à organiser. Mais on va avoir tellement de contenu à travailler que l’on sait que l’on est qu’au début de quelque chose. Ce matin nous allons nous réunir et avoir une réflexion sur le futur de Place to B. Je ne sais pas encore comment cela va se concrétiser. Cela dit il y a déjà plusieurs pistes qui se dessinent: il y a l’idée de faire un we- doc et d’utiliser tout notre contenu radio, vidéo et photo à l’image de ce qui a été vécu et créé ces dernières semaines, afin d’expliquer ce qui s’est passé ici. Il y a aussi l’idée de faire une campagne de financement participatif afin de financer certains des projets nés dans la Creative Factory. Il y a la possibilité de créer un réseau international de gens qui désirent prolonger cet effort dans le temps. Certains nous voient comme un événement collectif qui pourrait se répliquer à d’autres occasions. C’est un concept qui a séduit beaucoup de monde, le fait de réunir des gens variés dans un endroit sympa et ouvert. Il reste donc à savoir si nous voulons faire ça à chaque COP ou à l’occasion de d’autres événements aussi. On va déjà écouter la communauté, et voir les idées qui émergent. Et on va se donner le temps de bien réfléchir aux choses, car on ne pourra pas tout faire. On décidera à la majorité.

Aujourd’hui le thème de Place to B est B-Long, une réflexion sur le temps. Tu as commencé récemment une série d’interviews sur ce thème. Quelle est ta vision du temps ?

J’ai eu cette idée d’interviews sur le temps en Septembre 2014, c’est-à-dire au moment où le Projet Place to B prenait de plus en plus de place dans ma vie. Je me demandais comment les autres faisaient pour gérer leur temps, parce que ça demande beaucoup de discipline en tant que freelance de  gérer les interviews pour mon activité de journaliste, les conférences et ce projet en même temps. J’avais envie de savoir comment les autres se débrouillaient. Mon idée c’était un peu l’équivalent du porte monnaie dans Rue 89 appliqué à un agenda. J’ai donc proposé mon idée au Monde et l’idée leur a plu. Je n’ai pas fait exactement ce que je voulais, car je prévoyais de poser des questions récurrentes, que chacun puisse faire l’exercice. Mais finalement, la série remporte un joli succès, elle a été arrêtée en Juin, et puis, a repris pour cette fin d’année. Il y a donc une interview qui va être publiée aujourd’hui, et une qui sera publiée la semaine prochaine. Par la suite, j’aimerais bien interviewer Sylvain Tesson, mais pour l’instant, il ne veut pas répondre.

Et est-ce que ces interviews t’ont ouvert de nouveaux horizons ? As-tu changé ta façon de gérer ton temps ?

Je me suis prise comme propre cobaye, car j’ai toujours un emploi du temps super chargé. J’avais interrogé un coach en gestion du temps qui m’a aidée. Je me suis moi-même faite coacher, c’est assez intéressant de comprendre mon rapport à la gestion d’e-mails et à un certain nombre de choses. Je progresse, j’ai appris à dire non, à mettre des priorités. Par exemple, j’essaie d’avoir accompli quelque chose avant 10h00 du matin, afin d’avoir le sentiment de ne pas être en train de perdre ma journée. C’est pleins de petites astuces comme celle-ci, qui font que je peux mieux m’organiser, et ainsi apprécier le moment. Ce qui est intéressant, c’est qu’il y a une variété d’approches du temps parmi toutes les personnes que j’ai été voir. Tout le monde n’en parle pas de la même manière.

Et pourquoi avoir choisi ce thème aujourd’hui ?

Car nous sommes dans l’urgence, les dirigeants sont dans l’urgence de trouver un accord. C’est un temps d’action puisque l’on essaie de trouver des accords pour 2020. Et la distance qu’il y a entre maintenant et 2020 ne nous donne pas nécessairement le sentiment qu’il y a urgence à agir. Nous ne savons pas toujours comment saisir tout cela, ce sont donc ces questions que nous allons aborder ce matin.

 Un joli moment 

  
Ce matin je suis partie tôt et j’ai déjà marché plusieurs heures. Ma poche d’eau est vide, j’ai besoin de la remplir. J’arrive dans un hameau, face au chemin dans la cour d’une ferme se trouve une table couverte de fruits. C’est un Donativo pour pèlerins. Je rentre dans la cour, sors la poche à eau de mon sac et m’approche du robinet. À ce moment là, un des propriétaires surgit et vient m’aider. Il est accueillant, son nom est Simon et après les présentations nous avons une discussion à propos de chemin en France, de ses chats et de son projet de Donativo. Il m’offre du pain aux bananes que je mange avec plaisir. Puis je sens sur je commence à me refroidir et je lui dis qu’il est temps pour moi de reprendre la route.
 Il ouvre ses bras pour me donner une accolade tout en me disant « Je te souhaite une bonne vie, donne beaucoup d’amour sur le chemin et après ». Je sourie dans ses bras et lui répond « Merci, je le ferais ! »et là à ma grande surprise il continue de me serrer dans ses bras. Intérieurement je me dis alors « Hé toi ! Qu’est ce que tu fais, on est pas amis ! », et puis deux secondes après : »Hum, que c’est agréable. Je resterai bien là plus longtemps ! ». 
Finalement ce long câlin d’adieu se termine. Je pars le sourire aux lèvres. Une fois la porte passée, je ne peux m’empêcher de rire. Je ris de moi, je ris de cette situation. Dans l’heure qui suit, le sourire ne quittera pas mes lèvres. Et je suis envahie par une envie de serrer dans mes bras tous les gens que j’aime. 

Live, Love and Laugh!                    (Vis, Aimes et Ris!)

  

La Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu et le Grand-homme-aux-yeux-clairs

        
Le quarantième jour la Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu rencontra sur le chemin le Grand-homme-aux-yeux-clairs. 
Le Grand-homme-aux-yeux-clairs voulait cuisiner le dîner pour elle et les autres pèlerins. Elle proposa donc de l’aider à faire les courses. Alors qu’ils marchaient dans les rues désertes de la vieille ville la Jeune-Femme-aux-cheveux-de-feu demanda:

-« Alors Grand-homme-aux-yeux-clairs, comment se passe ton chemin ? Est ce que tu apprécies?  

-Non, je déteste ça! 

-Pourquoi détestes-tu le chemin? 

-C’est le voyage, vois-tu. Je déteste voyager. 

-Mais qu’est ce qui te dérange exactement ?

-Je n’apprécie pas la marche et il y a tant de gens que dans le dortoir que je ne peux pas trouver le sommeil le soir. La seule chose qui me plait c’est de cuisiner pour les autres et partager le dîner avec eux autours de la table. 

-Mais alors, pourquoi fais-tu le camino? 

-Pour le challenge, pour sortir de ma zone de confort. »

La Jeune-Femme-aux-cheveux-de-feu était très surprise. C’était la première fois depuis qu’elle avait commencé son chemin qu’elle rencontrait quelqu’un qui n’appréciait pas l’expérience. Le soir elle me confia « Tu vois, même lorsque je marchais avec lui en direction du magasin, il me donnait l’impression de vouloir être seul, et aussi dans la cuisine. Il avait l’air stressé par le bruit et les gens. Mais pourquoi fait-il le camino si il déteste marcher? Cela me semble tellement étrange. » Je n’avais pas la réponse à sa question alors je restais en silence. 

  
Le 41eme jour, le Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu commença à marcher au point du jour. Elle remarqua le Grand-homme-aux-yeux-clairs devant elle. Elle n’essaya pas de le rattraper, elle sait à quel point ce moment de la journée est spécial . À la place, elle fit un détour, monta en haut de la colline et une fois du milieu des vignes elle s’arrêta pour contempler les premières lueurs du jour. Elle se remplie de toutes les lumières et couleurs du ciel et du soleil, puis elle continua sa route.

Une heure plus tard, la Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu arriva au village suivant. Malgré toute l’énergie du soleil absorbée, ses mains étaient gelées. Elle décida donc de s’arrêter dans le premier bar venu. Elle entra et commanda une grande tasse de thé. Le Grand-homme-aux-yeux-clairs était assis à une table, savourant son café chaud. Il lui sourit, et elle décida de se joindre à lui. Alors qu’elle s’asseyait en face de lui, le Grand-homme-aux-yeux-clairs engagea la conversation:

-« Bonjour, ce levé de soleil était très beau n’est ce pas? 

-Bonjour! Oui c’était magnifique! Aussi il fait très froid ce matin.

-Dis moi Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu, pourquoi as-tu commencé le chemin si loin? Pourquoi marcher si longtemps? 

-Pour moi ce voyage est un apprentissage. Il y a tellement de choses que j’ai besoin d’apprendre ou d’essayer. Il faut s’autoriser du temps pour ça. La Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu souri. J’ai commencé le chemin de si loin car c’était proche de la maison de ma grand-mère et cela a beaucoup de sens pour moi. Et puis j’ai décidé d’aller à Santiago avec les objectifs suivants: je voulais rencontrer et partager avec les gens, je voulais trouver de l’inspiration et apprendre. Et puis, marcher tous les jours est une bonne activité pour moi, j’adore randonner et être dans la nature. 

Le Grand-Homme-aux-yeux-clairs lui rendu son sourire. 

-Tu exprime très bien ce que tu ressens et ce que tu veux . 

-Merci, j’apprends car j’ai réalisé sur c’était si important dans la vie. »

D’autres pèlerins commençaient à arriver et saluaient la jeune femme et le grand homme. Un Intelligent-garçon-asiatique posa son sac à côté du Grand-homme-aux-yeux-clairs, celui-ci sorti son portefeuille, y prit quelques pièces de monnaie et les glissa discrètement dans le sac du garçon. 

-« Tu es très généreux, dit la Jeune-Femme-aux-cheveux-de-feu. J’admire ta générosité, je sais que c’est important mais je trouve difficile d’être généreuse avec mon argent. 

-J’en ai bien trop, je préfère je donner. Quand le garçon trouvera ces pièces il se sentira heureux, il pensera qu’il a de la chance et alors peut être il voudra partager sa chance avec quelqu’un d’autre. 

-Oui c’est ça, c’est un cercle vertueux et je sais que j’ai besoin d’apprendre plus à propos de la générosité. 

-Avant que je parte pour le chemin de Compostelle, j’ai vidé ma maison, j’ai donné beaucoup de choses. J’avais beaucoup trop d’objets dont je n’avais pas réellement besoin! J’avais trop de projets aussi, alors j’en ai sélectionné trois et je ne m’autoriserai à en commencer un autre que lorsque l’un des trois sera terminé. 

-Quels sont tes projets?  » demanda la Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu.

Et le Grand-homme-aux-yeux-clairs commença à expliquer ses projets. Il semblait à présent totalement détendu et heureux. Il souriait et ses mains mimaient ses paroles. La Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu pouvait voir et sentir la passion qu’il avait pour le travail manuel.  

Ils poursuivirent leur conversation tout en sortant du bar. Ils marchèrent ensemble pendant une heure et la Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu demanda encore: 
« -Pourquoi est ce que tu détestes être ici ?

-Je déteste être sur le chemin à cause du voyage, je n’aime pas marcher sur ce chemin et je ne peux pas vraiment dormir la nuit. Et puis, si je décide de rester une journée au même endroit pour me reposer, alors je vais perdre la trace de tous mes nouveau amis. C’est difficile. 

-C’est certain. Pour moi aussi c’est difficile d’accepter de laisser partir devant ou de laisser derrière mes nouveaux amis. Mais cela fait parti du chemin: on ne choisi pas les gens que l’on rencontre et ceux avec qui l’on marche, c’est comme ça. Et puis, tu peux toujours demander les adresses de tes amis.  »

Le silence fut la première réponse du Grand-homme-aux-yeux-clairs. Puis après un certain temps il dit « En fait, je n’ai pas tant d’amis ici… ». La Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu ne compris pas vraiment ce que cette phrase signifiait et continua de marcher. Quelques minutes plus tard, le Grand-homme-aux-yeux-clairs s’arrêta, il dit à la jeune femme qu’il avait envi de faire une pause et qu’elle pouvait continuer à marcher.

Ce soir là, la Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu et le Grand-homme-aux-yeux-clairs était dans la même Auberge. C’était un gîte tout neuf, grand, confortable avec une belle cuisine équipée mais le Grand-homme-aux-yeux-clairs semblait si fatigué et tendu que la Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu n’essaya pas d’engager la conversation. 

  
Le matin du quarante-deuxième jour, elle s’en alla très tôt et marcha longtemps. Elle parvint à destination assez tôt et pris du temps pour se reposer avant l’arrivée des autres pèlerins. Lorsqu’ils commencèrent à arriver, elle prépara du thé et ils installèrent dans le jardin. La Fille-sympa-aux-cheveux-courts demanda à la Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu:

-« Est-ce-que tu connais le Grand-homme-aux-yeux-clairs? 

-Oui, je le connais. J’ai marché avec lui hier. 

-Il a quitté le chemin aujourd’hui. Je ne sais pas vraiment pourquoi mais une chose est sûre il ne pouvait pas bien dormir et il avait l’air fatigué.

-Vraiment? Alors il est parti… »

La Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu était surprise et aussi heureuse pour lui. Elle lui écrivit une note:

« Salut Grand-homme-aux-yeux-clairs, j’ai appris par la Fille-sympa-aux-cheveux-courts que tu avais décidé de quitter le chemin. J’étais un peu triste de réaliser qu’il n’y aurait pas d’autre belle conversation comme celle du café, mais avant tout je suis très heureuse pour toi. La vie est trop courte pour s’infliger de faire des choses que nous détestons faire. Félicitation pour ta décision!  

Tu sais au café j’aurai pu te raconter ceci: depuis que je suis sur le chemin, j’ai réalisé que mon plus grand défi dans ma vie c’est d’être vraiment bienveillante et heureuse avec moi-même. De façon à pouvoir faire rayonner mon bonheur et vivre et partager plus d’Amour avec les gens autour de moi. C’est ce que j’apprends maintenant à faire sur le chemin. 

La vie est un chemin alors je te souhaite un buen, buen camino Grand-homme-aux-yeux-clairs.

La Jeune-Femme-aux-cheveux-de-feu « 



Ce soir là, la Jeune-femme-aux-cheveux-de-feu s’assit dehors et regarda les étoiles dans le ciel. Et moi, je contemplais longtemps le feu de joie qui brûlait dans ses cheveux. 
  

Lettre à mon sac à dos

  Mon Cher sac, toi qui a accompagné mes premiers camps scouts, toi qui a été de toutes les aventures, de tous les voyages et de toutes les randonnées, il est temps de se quitter. 

Et oui petit sac Décathlon Quechua, quelque part dans le monde tu as laissé tes 2 armatures en aluminium qui me font tant défaut depuis une semaine! Tes bretelles trop basses viennent réveiller une ancienne blessure de ski à l’épaule gauche. 

Mon amour pour toi m’a tout d’abord aveuglé: je suis si habituée à avoir mal au dos. Oui mais voilà mon sac chéri, cela me prends beaucoup d’énergie et mon humeur s’en ressent. Alors aujourd’hui à mi-chemin de Compostelle je suis aller choisir celui qui te remplacera . 

S’il te plait, ne m’en veut pas trop ! Tu me connais si bien, au fond tu sais que nous ne pouvions plus continuer comme ça ! 

Petit sac Décathlon Quechua, merci d’avoir contenu mes vêtements, mes carnets, ma nourritures, mes livres et cadeau souvenirs pendant toutes ces années . Tu vas (presque) me manquer !

Maïthé ( qui sort d’une séance de yoga et va maintenant se faire masser)