Je médite dans le jardin

Et non, je n’ai pas disparu de la circulation!

Il est vrai que depuis mon retour d’Argentine je n’ai pas publié grand chose sur mon blog. C’est que prendre une année sabbatique peut s’avérer plus intense qu’on ne le pense. Ces derniers mois toute mon énergie a été accaparée par bien des activités et je n’ai pas pris le temps de partager mes pensées, expériences et découvertes.

Alors me voici, en train de méditer dans le jardin sur mes expériences et aventures de cette année.

A bientôt avec de nouveau articles tout frais!

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Escapade littéraire

« On a tous un bout de monologue dans la peau. Il faut le donner aux autres, même si l’on s’en méfie. »  Georges Perros

Etre en mouvement tout le temps. Chez les uns, chez les autres. Tantôt en ville, tantôt à la campagne. Vivre avec ma valise ou mon sac à dos. Et aller de l’avant, encore et toujours. C’est le creux de l’hiver et bien qu’il ne fasse pas très froid, je constate que je me suis laissée envahir par la grisaille de cette saison. Je ne parviens plus vraiment à écrire. Je ne sais plus trop comment planifier la suite de mon année. Je commence à sentir le besoin de poser un peu mes valises dans un « chez moi » bien à moi. Heureusement cette semaine j’avais prévu un petit séjour à Paris. Rien de mieux pour retrouver un peu de souffle et d’inspiration !

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Il fait beau et sec, j’ai de la chance. Je marche de Châtelet à la fontaine St Michel le nez au IMG_3319vent, les yeux dans le ciel. Je m’étonne comme à chacun de mes passages, de la beauté de cette ville où pourtant je ne me vois pas habiter. En attendant l’heure de l’apéritif, je décide d’aller fureter chez Gibert Jeune et au Vieux Campeur. Grave erreur pour mon porte-monnaie : je craque complètement et j’en ressors avec pas moins de 5 livres et un matelas gonflable ultra léger pour une éventuelle prochaine randonnée même pas planifiée. Mais bon qu’à cela ne tienne, c’est une constante cette année je dépense des sous  à lire et voyager !

Vers 19H, j’ai rendez-vous avec l’Ecriture Factory dans la belle librairie de Gallimard. Les écrivains en herbe, se mêlent aux professionnels et aux éditrices. C’est bien internet, mais cela ne remplacera jamais une véritable rencontre. Devant un écran, je me sens comme aveugle ou anosmique :je ne peux pas me servir de mes sens pour découvrir mon interlocuteur/interlocutrice. Alors je suis heureuse de rencontrer Sonia Racheline  qui me guide et me  fait travailler depuis quelques semaines. J’ai aussi beaucoup de plaisir à échanger avec les autres élèves. Leur faire part de mes questions sur le travail de l’écriture et réaliser à quel point les dernier exercices sont un challenge pour moi : il me faut couper et recouper mes phrases pour garder uniquement le message essentiel. Cependant si il y a bien une chose que j’aime faire lorsque j’écris  c’est trouver les bon mots pour insuffler de la musique et du rythme dans mes phrases. J’aime bien faire résonner les mots entre eux pour que la lecture soit fluide et entraîne le lecteur dans le flot des phrases et des paragraphes.  Heureusement sur mon blog je fais ce qu’il me plait !

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Aux côté d’Anita Coppet et de Sonia Racheline, Véronique Le Normand nous partage deux textes de son maître en écriture : Georges Perros. Joli moment de partage, où chacun écoute attentif à l’appel du partage des mots.

« L’avarice c’est de ne pas vouloir écrire dans une lettre ce qu’on garde pour un livre possible. »  Georges Perros

Puis après quelques heures, la librairie ferme ses portes. Je me retrouve sur le trottoir, dans la nuit de Paris. Il est vingt et une heure trente.  Ai-je assez de temps ? Ils sont surement en retard…Et puis zut, je ne veux pas manquer ça ! Je suis trop curieuse et c’est l’occasion ou jamais ! Prendre le métro. Changer trois fois. Passer les arrêts Richard Lenoir et Breguet Sabin. Avoir une pensée pour mes années facs et ma grande amie Gégé. Courir encore jusqu’au restaurant, et entrer dans la pièce bondée et surchauffée. Suis-je au bon endroit ? Oui c’est bien là. Découvrir avec plaisir qu’ils sont en retard et qu’elle lira après la pause. Sortir respirer l’air frais. Ouvrir mon portable et recevoir de bonnes nouvelles d’Anita en Argentine. Relever la tête et croiser son regard à travers la fenêtre. « On reprend maintenant ». M’installer au comptoir. Ignorer ma faim et me régaler de la lecture de Frédérique Deghelt. Elle dévoile généreusement un long passage de son roman en cours d’écriture : Libertango. Son texte me parle et me touche. C’est la rencontre d’un jeune homme avec un musicien Argentin. La première personne à l’accepter tel qu’il est : handicapé. Il est question de trouver un sens à sa vie, de pratiquer son propre art et de le faire tel que l’on est : imparfait. Comme toujours j’aime le rythme, la musique et la sensibilité qui s’échappent des mots de Frédérique. Je me sens portée. Ecriture, Argentine, inspiration. Il est temps d’acheter mes billets d’avion pour Buenos Aires !

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Le mardi soir, c’est avec un écrivain d’un autre type que j’ai rendez-vous. Il s’agit de Bernard Ollivier, un marcheur au long cours qui a écrit trois beaux livres relatant sa longue marche sur la route de la soie. Je ne l’ai découvert que très récemment, à travers l’association SEUIL. Il a créé cette association après avoir marché sur le chemin de Compostelle. Il était persuadé qu’envoyer des jeunes en rupture sociale marcher quelques mois sur le chemin en compagnie d’un éducateur serait la meilleure façon de les aider. Une belle initiative qui m’a poussé à le contacter. Finalement il est en retard et plutôt pressé alors je n’aurais qu’une demi-heure pour lui poser toutes mes questions. Je suis un peu déçue mais la rencontre en valait la peine. Il m’a apporté des éléments importants pour mon article en cours, surtout car il a contredit une de mes idées de bases. Rien de tel pour avancer !

Bernard Ollivier

                                                   cc réseau des médiathèques de Clamart