Du haut de la montagne- Marcher seule

Au cours de mon parcours, je réalisé que ma démarche qui me semblait couler de source – partir seule-  interroge et interpelle plus d’une personne sur mon chemin.

    Il y a les hommes d’un certain âge qui grommellent Lire la suite

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Du haut de la montagne

Je vous écris du haut de la montagne. Je voulais terminer mon année sabbatique comme je l’ai commencé: en marchant. 

Alors j’ai abandonné mes cartons en cours et j’ai repris mon sac à dos. J’ai chaussé mes chaussures et je suis partie à travers les hauts plateaux du Vercors pour trois jours. Cette fois-ci pas de villages aux alentours, il m’a fallu préparer le chemin minutieusement. J’ai de la nourriture pour 3 jours dans mon sac, 2 cartes IGN et surtout je sais où sont les sources d’eau, celles qui coulent encore et celles qui sont déjà taries.

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Dans l’Argentine Andine

   Je marche en tête du groupe. Nous faisons une rando dans les Andes. Nous sommes 4 français : 3 gars rencontrés à l’auberge de jeunesse et moi. Lors de notre ballade du matin une dame nous a indiqué ce chemin qui monte le long des  crêtes.

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La terre est rouge et verte suivant les strates et surtout elle est extrêmement friable. De loin les crêtes ressemblent à de la dentelle. De temps à autre je m’arrête pour attendre les gars qui filment, prennent des photos et blaguent. Au début de la crête Vincent passe devant moi, il y a un petit peu de vent, je ne me sens pas très rassurée mais je le suis. Tout le monde parle beaucoup, je ne me sens pas rassurée du tout. On fait une petit pause, quelqu’un demande « Ca va ? », mes jambes tremblent toutes seules. Je leur dis que je ne le sens pas trop. De fait je me sens très grande…trop grande, comme à des kilomètre de la terre que je foule avec mes pieds. J’ai l’impression que si une rafale de vent me déséquilibre il me faudra tellement de temps pour mettre les mains au sol et me stabiliser que j’aurais déjà dégringolé en bas de la crête. Je dis « Je sais que c’est dans la tête mais… » Quelqu’un me coupe « Ce n’est pas grave vas-y avec les mains aussi. A quatre pattes, c’est pas grave, allez on continue ! ».

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Alors je m’aide de mes mains et j’essaie de ne pas trop penser aux risques que j’encoure. Au milieu de la crête il y a une grosse pierre. Je m’y assois et pendant un moment j’écoute le bavardage de mes compagnons de marche. Et puis finalement je me concentre : je suis déterminée à terminer cette crête sur mes deux jambes. J’étudie le terrain longuement comme pour apprivoiser la pente de droite, puis la pente de gauche. Puis je focalise mon regard sur le petit chemin juste assez large pour un pied. Je me redresse et je progresse hyper concentrée. Un pas après l’autre. Et je progresse lentement jusqu’au bout de la crête. C’est comme si je faisais mes premiers pas à nouveau. Je me sens déterminée, concentrée, un peu plus fière à chaque pas et puis après c’est comme une libération.  Je me suis dépassée, j’ai affronté ma peur et je l’ai vaincue. A tel point que j’ai presque envie de repasser par le même endroit au retour, juste pour savourer le fait que je suis capable de le faire !

Je n’avais pas ressenti une telle sensation de dépassement de moins-même depuis longtemps et cette expérience me plait. Ça me donne le goût du risque et du succès. Et ce qui reste profondément ancré en moi de cette expérience c’est que pour réussir il est impératif de me concentrer sur mon propre chemin…seulement sur mon chemin.

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